Vidéosurveillance de masse

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Vidéosurveillance de masse

Efficacité de la police

On peut penser que les caméras de surveillance aident la police en leur permettant d’être plus efficace et rapide. La tâche la plus compliquée des policiers est de détecter les intrus et les potentiels criminels. Mais avec l’apparition des caméras intelligentes, qui détectent les criminels et les situations anormales, les policiers élucident les affaires bien plus rapidement. Or, malheureusement, ce n’est pas si simple que ça et il s’avère que les caméras ne sont pas si fiables que ça, et ne détectent pas toujours les bonnes personnes. Prenons l’exemple du carnaval de Notting Hill, en août 2017, les caméras de surveillance de Londres auraient détecté 35 fausses alertes, dont une arrestation d’une personne non coupable. De plus, certaines scènes sont difficiles à juger. Comment une caméra peut-elle savoir si deux personnes se battent ou jouent ? On peut donc se demander si au final, les caméras ne sont pas plutôt une perte de temps pour la police ?

 

Plusieurs détections possible

En chine , l’entreprise chinoise, Megvii, fournisseur du gouvernement chinois d’un logiciel de reconnaissance faciale, peut maintenant reconnaître les chiens par leur museaux. Il assure pouvoir reconnaître un chien dans 95% des cas. Cela peut être utile si le chien ou le chat prend la fuite ou si son maître l’abandonne, le maltraite, afin de pouvoir le retrouver plus facilement.

 

Pays moins retissant que d’autre

Certains pays comme le Royaume-Uni ont une tout autre vision de la vidéosurveillance. L’Angleterre y est beaucoup moins hostile que d’autres pays démocratiques alors qu’elle est le pays en comportant le plus. Cela peut notamment s’expliquer par le fait que les anglais n’accordent pas la même importance à leur gouvernement que nous, il ont une forme de fierté envers lui et le considèrent comme efficace et bienveillant.

Cette idée remonte également au fait que durant la seconde guerre mondiale les services d’espionnages ont grandement contribué à la préservation du Royaume-Uni et que l’Angleterre a été stigmatisée par les exactions commises en Europe par la Gestapo par exemple. On peut également citer les attentats perpétrés par L’IRA dans les gares et métros lors du conflit Nord-Irlandais qui ont profondément marqué les anglais et donc les ont poussés à légiférer davantage en matière de vidéosurveillance.

 

Vidéosurveillance face a la démocratie

Depuis le début des années 2000 on observe un recrudescence des actes de violences sur la voie publique. La vidéosurveillance permet donc de prévenir un éventuel climat d’insécurité, d’anxiété face à un danger éventuel ou réel dans la vie de tous les jours.

Sur le principe du machine learning, le quotidien de la population pourrait être optimisé/amélioré grâce aux données recueillies par ces caméras.

Il existe un niveau au-delà duquel la surveillance commence à interférer avec le fonctionnement de la démocratie : lorsque des lanceurs d’alerte comme Snowden sont susceptibles d’être arrêtés. Comment un citoyen qui a simplement révélé les agissements de son gouvernement peut-il être inquiété, alors que ledit gouvernement ne serait pas remis en question ?

La surveillance de masse nécessite de déterminer qui est le plus légitime à surveiller les autres. Or, une démocratie est par définition un système dans lequel les citoyens ont le pouvoir. Ce serait donc aux citoyens de surveiller le gouvernement, et pas l’inverse. La démocratie est par ailleurs souvent associé au régime des libertés individuelles, or, un système bafouant ces dernières peut-il être appelé démocratie. En effet, les libertés sont au coeur d’un idéal démocratique. Or, depuis son arrivée en France dans les années 90, la vidéosurveillance ne cesse d’approcher, voir dépasser les limites et attiser les réticences. La CNIL avait d’ailleurs lancé un avertissement à la commune d’Hyères dans le Var, première commune à tester la vidéosurveillance de masse. Ainsi, à ses balbutiements, la vidéosurveillance a immédiatement été en proie à de nombreuses méfiances et pas seulement de la part des citoyens, et ce pendant quelques années. Il a donc fallu réguler son utilisation et définir les règles, pour poser le cadre et les limites de ce procédé. On remarque aussi que les raisons réelles de mise en place de systèmes de vidéosurveillances ne sont pas toujours révélées, ou alors, on peut avoir des doutes sur leur réelle motivation. En effet, suite à divers attentats en Europe on a vu les pays concernés se ruer sur l’installation de caméras, ayant soit-disant un effet rassurant sur la population. Mais, au contraire, on remarque que l’apparition de ces dernières intensifie le climat pesant d’insécurité, tout en soulevant des questions sur les libertés individuelles. Certains événements ne seraient-ils donc pas un prétexte au développement de ces dispositifs ?

Face aux lois régissant la vidéosurveillance, on voit naître aujourd’hui des subterfuges, pour contourner ces contraintes. Ainsi, dans la petite ville de Bloomfield aux USA, le chef de la police a proposé aux citoyens de créer un réseau public basé sur les vidéos prises par leur caméras privées, notamment les Amazon Ring. Ces caméras sont controversées car elles se déclenchent à l’aide de détecteurs de mouvement et de son, même provenants de la rue. Les passants sont donc observés aussi par ces systèmes, à l’origine privés. Grâce à ce partenariat avec le géant Américain, cette ville a donc contourné la loi. Mais Bloomfield est loin d’être le seul exemple. 

On peut donc se demander comment de tels dispositifs peuvent perdurer dans une démocratie, alors qu’ils en contournent les lois.

 

Des erreurs de détection

Les caméras restent des « objets » intelligents, donc les erreurs sont encore nombreuses.

En plus des erreurs de détection, il est presque facile de contourner la surveillance des caméras. En effet, si une personne change de visage, fais de la chirurgie, ou décide de porter des lentilles de contact, la reconnaissance faciale va être faussée. 

Après le traumatisme des attentats,  les gens se sentiront plus en sécurité avec des caméras. Or, l’attentat de Nice nous montre le contraire, le camions du terrorisme n’avais en fait même pas été détecté par les caméras alors qu’il empruntait une route interdite au camion.

 

Intimité/ vie privé

De plus, la plupart des gens diront que, tant que les caméras de vidéosurveillance restent sur la voie publique, ça leur est égal, qu’ils n’ont rien à se reprocher. Mais ce serait un plus gros problème si les caméras étaient dans des endroits privé, comme chez soi, sur son lieu de travail… Là, on peut faire le rapprochement avec 1984 de George Orwell, où les caméras de surveillance sont omniprésentes, même dans la sphère privée. Tout cela pose la question de l’intimité. Sommes-nous près à laisser notre vie privée et intimité de côté pour une question de sécurité publique ? Comme dirait Benjamin Franklin « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »

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De nos jours heureusement, le gouvernement n’as pas encore le droit d’installer des caméras dans des lieux privés, sauf si consentement il y a. Donc si vous voyez une caméras de vidéosurveillance dans une zone privée, et que personne ne vous a mis au courant, il faut le déclarer à la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL), car c’est illégal.

Vous avez surement vu l’épisode de black Mirror (E1S3) ou encore l’animé japonais PsychoPass. Tous deux parlent d’une société où les citoyens sont notés, on a tous été perturbé par ce système, et pourtant, ce système existe bel et bien, en Chine. En effet, en Chine, le système de crédit social note les bons et mauvais citoyens, plus la note est bonne, plus on accède à des droits, à des choses gratuites et des avantages. Plus la note est basse, moins on a de liberté, ne pouvant pas prendre de billet d’avion par exemple. Cette note est déterminée par des caméras à reconnaissance faciale et autre données personnelles récoltée par le portable des citoyens, leur réseau social, leur compte bancaire. Donc même chez eux, ils ne sont pas tranquilles.

Si vous voulez en savoir plus, allez voir cette vidéo, qui est très bien expliquée : https://www.youtube.com/watch?v=XflMhukDH-s 

 

La vidéosurveillance et la sécurité

 De plus la vidéosurveillance ne garantie aucunement la sécurité ou la réduction de la menace terroriste, son but principal était de rassurer la population après les attentats de 2015 mais cela n’impacte pas le facteur sécuritaire en réalité. la préservation des libertés individuelles face à un voyeurisme excessif, dont le seul motif serait de préserver les citoyens d’éventuelles attaques terroristes. “Le danger est de voir les gens abandonner leur liberté en pensant qu’ils auront plus de sécurité, mais en réalité ils perdront les deux.”

 L’inefficacité de la vidéosurveillance peut aussi s’expliquer par le fait que lors de leur installation les entreprises en ont installés à la va-vite car dans une logique commerciale et non des motivations de sécurité publique. Mais elle est aussi due au fait qu’une large partie d’entre elles sont inutilisables la nuit car mal placées ou pas adaptées à leur environnement. Le facteur majeur étant le problème du tri de l’information et la gestion de la masse de données (le Big-Data) emmagasinées.

 Pour ce qui est de la reconnaissance intelligente des études ont montrées que la surveillance accordait une plus grande attention à un certain type de population en fonction de la tendance générale de cette dernière. Ainsi, 68% des Noirs sont qui surveillés le sont sans raison spéciale, tout comme 86% des jeunes de moins de 30 ans, et 93% des hommes. En résumé, un jeune homme de moins de 30 ans et de couleur noire a beaucoup plus de probabilité d’être surveillé par les caméras.

 

Innovation

Identifier à travers les murs

 L’identification grâce à la video surveillance est réalisable par reconnaissance faciale, cependant il y a peu de temps, une avancée technologique vient redéfinir cette reconnaissance.

Des chercheurs de l’Université de Californie à Santa Barbara ont créer un système permettant d’identifier quelqu’un à travers les murs. Pour cela ils utilisent un mécanisme d’onde Wifi, plus précisément un émetteur et récepteur WIFI. Cette technique se nomme XModal-ID, elle va permettre de capturer des informations tels que la démarche d’une personnes pour ensuite la comparer à d’autre signaux WIFI identifier pour déterminer si elles proviennent de la même personne. 

En terme plus technique : “ L’équipe a créé une nouvelle approche pluridisciplinaire. En analysant une vidéo d’un individu, l’équipe a extrait un maillage tridimensionnel qui définit la surface externe du corps en fonction du temps. Ils ont ensuite utilisé l’approximation de Born pour les ondes électromagnétiques afin de déterminer le signal radio qui aurait été généré si cette personne se déplaçait à l’intérieur d’un champ Wi-Fi. L’étape suivante a été de déterminer les éléments caractéristiques de la démarche, aussi bien du signal Wi-Fi réellement reçu que le signal simulé depuis la vidéo, et de comparer les deux afin de déterminer s’il s’agit de la même personne.

Ils ont réalisé un certains nombre de tests dans des lieux différents, la précision varie de 82% à 89%. Ils souhaiteraient que les forces de l’ordre l’utilisent à des fins de localisation ainsi que dans certaines maisons connectées (en domotique) afin d’activer certains paramêtres tel que la lumière ou le son. 

Cela peut faire penser à la prison de glace de Michel Foucault.

 

Les drones

 Les drones sont les nouveaux systèmes de sécurité des policiers municipales. Les premiers test ont été réalisés à Paris. L’ex-secrétaire d’Etat chargé du numérique, Mounir Majoubi souhaite découper Paris en plusieurs quartier, plus précisément 240 quartiers. Cela permettrait que chaque quartier soit sous le contrôle de deux agents de police ainsi qu’un drone. Le drone permettrait d’être informé rapidement et permettrait une prise en charge immédiate par les deux policier présent. Ces drones auront la tâche de surveiller contre la délinquance mais pas seulement. En Bretagne, le Centre de rétention administrative de Rennes à utilisé pour la première fois un drone pour contrôler une manifestation. Les drones intéressent de même les entreprises permettant de leur assurer un système d’alarme ainsi qu’une télésurveillance classique. 

Bien que les gendarmes doivent passer par une personne tierce qui déterminera si les vidéos sont exploitables ou non, les drones sont de plus en plus évolués et sont souvent composés de thermique, infrarouge, zoom puissant ainsi qu’une potentielle capacité à la reconnaissance faciale.

 

 

Bibliographie

Le Monde, Titre : « Royaume-Uni : bilan catastrophique pour une expérience de vidéosurveillance « intelligente » », publié le 01/09/2017, https://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/09/01/royaume-uni-bilan-catastrophique-pour-une-experience-de-videosurveillance-intelligente_5179761_4408996.html

Documentissime ressources juridiques et pratiques, Emploi et vie professionnelle, « Quelles sont les règles en matière de vidéoprotection dans un lieu privé ou dans l’entreprise ? » date et auteur inconnu, https://www.documentissime.fr/cas-pratiques-droit/quelles-sont-les-regles-en-matiere-de-videoprotection-dans-un-lieu-prive-ou-dans-l-entreprise-25.html

National Geographic, Titre : « Londres, capitale mondiale de la vidéosurveillance », publié le 02/02/2018, Auteur inconnu

https://www.nationalgeographic.fr/sciences/2018/02/londres-capitale-mondiale-de-la-videosurveillance 

Le Monde, Titre : « La videosurveillance est elle efficace ? », publié le 17/05/2018, Cyrielle Chazal

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/05/17/la-videosurveillance-est-elle-efficace_5300635_4355770.html

Youtube, Titre : « Sain et sauf que… – Terrorisme et Surveillance de Masse », publié le 14/04/2016,

Kurzsgegast https://www.youtube.com/watch?v=V9_PjdU3Mpo

Site web GNU, « Quel niveau de surveillance la démocratie peut-elle endurer ? », publié dans Wired en octobre 2013, par Richard Stallman, https://www.gnu.org/philosophy/surveillance-vs-democracy.fr.html

Site web Legifrance.gouv.fr, « LOI n° 2003-239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure (1) », publié le 18 mars 2003, par le gouvernement Français, https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000369046&categorieLien=id

Site web OpenEdition Books, « La vidéosurveillance, l’individu sur écran », publié en 2011, par Patrice Lalzace,

https://books.openedition.org/pupvd/3959?lang=fr

Youtube, « La vidéo surveillance institue une société du contrôle social contre les libertés fondamentales », publié le 6 juin 2018, par Danielle Simonet, https://www.youtube.com/watch?v=qLWduqOrOxg

 

Article écrit par Juliette Herlem, Aurelien Colloc, Ronan Chopinaux et Léa Genais.

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