Green IT

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Introduction

Le Green IT (Green Information Technology) que l’on peut qualifier d’informatique durable, vise à réduire l’empreinte sociale, économique et environnementale du numérique.

Dès lors on distingue le Green IT 1.0 qui à la volonté de diminuer l’impact de l’informatique sur l’environnement tout au long du cycle de vie de ces matériels et logiciels. Ensuite, il y a le Green IT 1.5 qui correspond aux techniques visant à réduire l’impact de l’organisation de l’entreprise sur l’environnement : réduction des déplacements physiques, dématérialisation, échange de données…

Dans un contexte où les enjeux écologique et sociaux biens qu’élevés sont compris, l’impact du numérique reste quelque chose de négligé bien que sa croissance soit exponentielle.

« Le numérique c’est transparent, ça ne se voit pas, ça ne s’entend pas, ça ne se touche pas, mais ça a une existence bien réelle » prononce la Directrice générale du Global Earth Project Digital for the Planet.


Pollution

Les sources majeures de pollution

Le facteur de pollution majeur est la technologie impliquée. Les câbles, serveurs et data-centers sont fabriqués avec des ressources abiotiques rares et demandent d’une énergie électrique importante pour fonctionner en continue. De même, on compte 22 milliards d’objets connectés sur Terre en mai 2019 [1] et la demande de ces produits est de plus en plus fortes bien qu’il soit difficile de les recycler.

Le deuxième facteur de pollution est la consultation sur Internet et plus précisément le flux de données. Le réseau informatique mondial est de plus en plus dense et ubique. Son empreinte carbone est considérable. La visualisation de vidéo occupe un espace important dans le flux globale de données. D’après un rapport du Shift Project [6], notre consommation de vidéos en ligne dans le monde en 2018 a émis autant de CO2 que l’Espagne la même année [2]. Les flux vidéo représentent 80 % des flux de données mondiaux. Les 20 % restants sont constitués de sites web, de données, de jeux vidéo…

Internet se complexifie et utilise notamment des intelligences artificielles, ces programmes sont gourmands en énergie, et atteignent socialement la vie privée des utilisateurs. Enfin la volonté croissante de vouloir capté de notre attention, pousse les développeurs à enrichir visuellement les pages WEB au détriment de l’optimisation et d’une démarche d’éco-conception. Également, le comportement des consommateurs est facteur non-négligeable dans l’évaluation de l’impact écologique du numérique. En effet, des achats compulsifs favorisent l’obsolescence des objets technologiques, pourtant viable [7].

Exiger que le numérique disparaisse pour assurer le respect des valeurs sociales et écologiques est une utopie veine.

Entreprises du numériques

Néanmoins, aujourd’hui, certaines organisations et entreprises mettent des moyens en place pour réduire leur empreinte. Que ce soit pour des raisons économiques ou véritablement éthique et écologique, les conséquences de ses mesures sont honorables. Ainsi, en 2017, Google a atteint son objectif de 100 % d’énergie renouvelable sur l’ensemble de ses activités [8]. La société Apple continue ses efforts et affirme s’alimenter à 96 % de manière responsable [9].

Ecosia de son coté est un moteur de recherche solidaire allemand. Il reverse 80 % de ses bénéfices à un programme de reforestation présent partout dans le monde. Si l’idée semble ingénieuse, ce moteur de recherches peu transparent est actuellement controversé.

« Ecosia compense toutes les émissions de carbone liées aux recherches », ce genre d’allégation est invérifiable [10]. La compensation carbone est un concept abstrait qui permet surtout aux entreprises de continuer à polluer tout en se donnant une image écologique.

Ecosia s’appuie sur un partenariat avec les moteurs de recherches de Microsoft comme Bing pour proposer des résultats, Ecosia enrichie donc ces recherches d’algorithme permettant le fonctionnement de la plateforme. À la finale, l’impact d’une recherche est triplé ! Ainsi, Ecosia compense l’impact écologique d’un thermos de café, là où une recherche Google produit une tasse de café !


Réduire l’impact du numérique

En tant que lecteurs, on prend conscience de l’impact non-négligeable du numérique sur notre environnement.

Usage quotidien

Heureusement sans pour autant dire adieu à nos appareils électroniques, on peut avoir un comportement responsable au quotidien :

  • Utiliser les services pour leur but premier, et préférer des plateformes moins énergivores. Par exemple, pour écouter de la musique, préférer le streaming audio (Deezer, Spotify) que de l’audiovisuel (Youtube) car l’usage des plateformes vidéos comme lecteur de musique explose le coût énergétique.
  • Limiter le stockage des fichiers dans le cloud, qui même non utilisés, représentent un coût total important par leur besoin de disponibilité 24h/24, et surtout préférer stocker en local les fichiers dont l’usage sera quotidien, afin d’éviter de télécharger plusieurs fois les mêmes données. Pour archiver des fichiers dont le besoin ne sera pas immédiat et répété, il existe des services adaptés (Amazon Glacier) qui stocke physiquement les données pour les sécuriser dans un pseudo-cloud qui ne sera pas disponible immédiatement [3].
  • Penser à éteindre son modem lorsqu’on quitte son logement, car cela représente 1 % de la consommation électrique en France.
  • Fermer les applications en arrière-plan, pour limiter le flux de données, mais aussi retarder le chargement de la batterie de son téléphone.

Éco-conception

En tant qu’utilisateur d’Internet, il peut nous arriver d’être le créateur de contenu. Il important en tant que créateur conscient de se questionner sur l’utilité pour la communauté de ce qu’on s’apprête à publier.

  • On peut ainsi avoir une démarche d’éco-conception en favorisant des langages web simples et statiques comme le HTML et CSS, en minifiant son code et le nombre de pages nécessaires [4].
  • On peut aussi faire des choix graphiques, en limitant sa palette de couleurs, et en choisissant des typographie pré-installées [5].
  • Il est conseillé de choisir des formats de fichier adapté (.svg) ou exploiter des techniques comme le diethering pour alléger les iconographies.
  • Enfin, il faut bannir l’usage de service d’analyse de données dans un contexte inapproprié. Pour les plus engagé, il possible de faire héberger son site sur des serveurs alimentés en énergie renouvelable.

Le numérique et l’écologie deux domaines compatibles ?

On identifie que le numérique et ses comportements associés comme des sources de pollution. Paradoxalement certaines entreprises semblent prendre le contre-pied, elles choisissent d’exploiter la puissance des outils du numérique.

Open source

L’aspect communautaire est un caractère qui définit l’Internet. L’open source est un mouvement qui favorise la décentralisation de connaissance.

Crowdsourcing

OpenSolarMap [11] est un site web de crowdsourcing de l’orientation des toits des bâtiments pour sélection de ceux qui sont les plus appropriés à la pose de panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques. Il suffit de cliquer sur l’icône correspondant au type de toit du bâtiment cerclé en jaune pour contribuer au projet. Ainsi les toits orientés sud et plats sont sélectionnés, car ils promettent un rendement énergétique optimal.

L’open source est aussi un moyen qui permet de contrer l’obsolescence programmée ou les problèmes d’inégalité économique.

Do it yourself

Marcin Jakubowski, un agriculteur qui trouvait ses machines agricoles peu fiables et onéreuses, construit à l’aide d’outils numérique et de wikis ses propres machines. Le projet est aujourd’hui ouvert à tous, ainsi, on peut construire un tracteur chez soi en partant de zéro. La communauté assure un enrichissement de la documentation afin que les machines puissent évoluer avec les besoins des agriculteurs [12].

Robotisation

Bien que les robots demandent beaucoup de ressources matérielles et intellectuelles pour leur conception. Il s’avère que leurs capacités d’optimisation soient une solution envisagée pour servir l’environnement et le sociale.

Fermes robotisée

Aerofarm [13] est une ferme robotisée hautement technologique qui utilise pour son agriculture 95 % moins d’eau que des aliments cultivés sur terrain agricole classique avec un rendement 390 fois plus élevé. Elle permet une production locale à grande échelle en préservant la qualité et le goût des aliments. Il associe un substrat réutilisable et une culture hors-sol pour maximiser leurs rendements. Capable de traiter 130 000 points de données pendant les récoltes cela leur permet d’examiner, de tester et d’améliorer leurs méthodes.

Bateau-poubelle

Interceptor est un bateau autonome capable de nettoyer 80 % des déchets plastiques des fleuves. Alimenter par des panneaux solaires, Interceptor à besoin d’énergie électrique pour se déplacer, mais aussi pour alimenter la domotique complexe qu’il embarque. En ce moment, les premiers exemplaires de ces bateaux-poubelles sont en fonctionnement.

Conclusion

Nous sommes faces à des enjeux sociaux et environnementaux que nous ne pouvons plus nier. Pourtant, le monde semble avancer vers le progrès à un rythme effréné. L’époque où nous voulions augmenter indéfiniment la taille de nos écrans doit être révolu et faire place à une sobriété du numérique. Heureusement, tout n’est pas noir, comme le montre le dernier rapport de la FING [15], nous pouvons être optimistes à l’idée de voir un jour coexister écologie et numérique.


 

Article : Emilie SCHAEFER – Raphael PERRAUD – Arslan SIFAOUI

Ressources

[1] Strategy Analitics https://www.strategyanalytics.com/strategy-analytics/news/strategy-analytics-press-releases/strategy-analytics-press-release/2017/10/26/smart-home-will-drive-internet-of-things-to-50-billion-devices-says-strategy-analytics?slid=967939&spg=11 consulté le 23/11/19

[2] Usbek & Rica https://usbeketrica.com/article/interview-regarder-videos-co2-espagne consulté le 01/12/2019

[3]. Amazon, https://aws.amazon.com/fr/glacier/, consulté le 30/11/19

[4] Gauthier Roussilhe http://gauthierroussilhe.com/fr/posts/convert-low-tech consulté le 24/11/19

[5] Graphisme & Interactivité https://graphism.fr/quel-avenir-pour-les-sites-low-tech/ consulté le 24/11/19

[6] Shift Project https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2019/07/Résumé-aux-décideurs_FR_Linsoutenable-usage-de-la-vidéo-en-ligne.pdf consulté le 25/11/19

[7] Ted X, https://www.ted.com/talks/sherry_turkle_connected_but_alone?language=fr consulté le 17/11/19

[8]. Google, https://sustainability.google/intl/fr/environment/, consulté le 23/11/19

[9].Apple, https://images.apple.com/environment/pdf/Apple_Environmental_Responsibility_Report_2017.pdf, consulté le 23/11/19

[10].Greenwashing, https://medium.com/@niko7882/ecosia-illusion-verte-techno-solution-et-greenwashing-88584bd0f588

[11]. OpenSolar, https://opensolarmap.org/#19/47.66667/4.19581

[12]. Machines agricoles, https://www.opensourceecology.org/

[13] Fermes robotisées, https://aerofarms.com/environmental-impact/

[14]. Interceptor, https://www.youtube.com/watch?v=KyZArQMFhQ4

[15]. Fing, http://fing.org/agenda-futur-numerique-ecologique

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