La robotique transhumanisme DIY

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L’open source pour un transhumanisme plus équitable

30/01/2019 – Guillaume LeMené, Aurélie Caré, Alix Gora

 

Dans cet article, nous nous sommes intéressés à la robotique dans le domaine médicale et sur les questionnements qui entourent ce sujet. Selon entreprise.gouv, le marché globale de la robotique est aujourd’hui un marché en majorité émergent même s’il est difficile de considérer la robotique comme un marché unique étant donné la diversité des produits qui la composent.

Pour commencer, qu’entend-on dans le mot robotique ?

Selon l’ATILF, le robot est un « Appareil effectuant, grâce à un système de commande automatique à base de microprocesseur, une tâche précise pour laquelle il a été conçu dans le domaine industriel, scientifique, militaire ou domestique ». Le premier robot à avoir été utilisé dans le domaine de la médecine était un robot chirurgical nommé Arthrobot. Il a été utilisé pour la première fois en 1983 à Vancouver pour une chirurgie orthopédique.

Depuis, les robots ont largement évolué et sont utilisés sous plusieurs formes en médecine. Parmi ces formes, les plus répandues sont les assistants personnels tels que les distributeurs de cachets, les robots soignants ou encore les robots qui viennent en aide aux personnes âgées dans leur quotidien. Ce sont des robots majoritairement dédiés à une seule action qui s’invitent dans nos habitudes pour nous aider à suivre des traitements, à nous lever ou nous déplacer. Ce ne sont pas les plus évolués technologiquement. Ils sont souvent présents comme réconfort plutôt que pour un besoin vitale hormis pour les robots d’aide à la personne où ils auront bien entendu un impact plus important.pillo

Des technologies émergents dans les pays voisins mais ont encore du mal à s’implanter en France, on peut noter les robots dit “chirurgicaux ». Ses robots vont apporter leur soutien dans les hôpitaux en apportant du matériel par exemple ou encore dans les blocs opératoires en tant que assistants chirurgien. Sous contrôle d’un docteur, les robots comme les systèmes chirurgicaux de l’entreprise Zeus Robotics, vont être amenés à réaliser des opérations complètes permettant ainsi de réduire les cicatrices du patient, d’avoir des opérations moins invasives et plus précises. En effet, le robot ne ressent pas de fatigue, ne commet pas de fautes d’inattention et à surtout besoin de moins de place pour travailler étant donné qu’il à été conçu pour cette tâche. Il est ainsi optimisé pour.

La robotique dans la médecine ne s’arrête pas au robot assistant, elle s’invite également dans nos corps. C’est ce qu’on appelle les nanotechnologies. Même si le terme de nanotechnologie est popularisé en 1974, il faudra attendre le 1 juin 2006 pour inaugurer le premier pôle européen pour les nanotechnologies. Les recherches autour de ces robots ont un grand intérêt pour le domaine médical car elles vont permettre de développer un grand nombre de solution afin de combattre des maladies en ingérant directement ces technologies nanoscopiques. De nombreux chercheurs s’y intéressent et on a vu apparaître un certain nombres d’expérimentations.

Premièrement, il y a ce que l’on appelle la robotique molle: ces robots « mous » comme leur nom l’indique dédié à une tâche et pouvant être ingérer. Leur propriété leur permet de pouvoir se déplacer dans le corps sans créer de dommages, ils peuvent se déformer pour se faufiler dans des cavités plus étroites. Ensuite il y a les nanorobots, facilement ingérable car minuscule. Enfin une expérimentation plus récente: les ingestible origami robot, des petits robots sous forme d’origamis qui vont ainsi pouvoir se déplier une fois ingérés. Ces technologies sont suivies de près notamment car elles pourraient être utilisées dans le traitement du cancer en délivrant des nanomédicaments directement sur les cellules cancéreuses par exemple.

Autre domaine qui fait le « buzz » depuis quelques années, ce sont les prothèses robotiques et les exosquelettes. On les voit de plus en plus dans le domaine militaire mais les exosquelettes pourrait être largement utilisé dans le domaine médical que ce soit en tant que robot de rééducation ou bien même comme assistants au quotidien.

Pour les prothèses on parle alors de transhumanisme, ces robots étant alors parts entières d’un corps humain.

La robotique médicale, appliquée au transhumanisme se veut d’abord, à court terme, réparatrice. Passant premièrement par des prothèses de plus en plus pointues développées pour remplacer des membres manquants mais également par des organes 100% artificiels remplaçant le naturel tombé en panne (cœur, moelle épinière). Sans remplacer, la robotique peut aussi assister par des procédés permettant de de combler les faiblesses sur des parties du corps pourtant fonctionnelles (électrostimulation musculaire/ exosquelette).

Cette visée réparatrice propose ainsi de faire fi de l’handicap physique, les lacunes pouvant être comblées par la technologie. Cette vision utopique met tous les individus sur un pied d’égalité, là où tous les tares seront gommées et ne représenteront plus un obstacle ou une difficulté pour les individus touchés.

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Oui, ceci reste une utopie, car évidemment, la technologie, surtout novatrice coûte cher, les prothèses les plus perfectionnées ne sont pas proposées gratuitement, ou remboursées par la sécurité sociale et les personnes handicapées les moins fortunées n’ont bien évidemment pas accès au meilleur du marché. Difficile donc de rêver d’égalité physique quand le profit entre en ligne de mire.

Au delà de ça, ces inégalités monétaires entraînent des questionnements concernant les inégalités physiques. Si l’idée première est de réparer le corps et de faire disparaître l’handicape, pourquoi se contenter de ceci ? Pourquoi ne pas devenir meilleurs ? Plus forts ? Plus intelligents ? Plus rapides ? Immortels ? . Encore une fois, ces améliorations, étant un luxe, elles profiteront aux plus fortunés, aux mieux placés. Les inégalités dépasseront alors celles que nous connaissons actuellement. Là où tout individu, peu importe sa fortune, était limité par son corps, se retrouveront des personnes augmentées qui créeront des inégalités physiques mêmes entre personnes saines. Comment, par exemple, espérer concurrencer les hautes sphères lorsque, celles-ci, déjà portées par leurs richesse et un accès à une éducation de meilleure qualité, sont également équipées d’implants améliorant leurs capacités physiques et cognitives?

À ces problématiques s’ajoute encore la question de la législation, de la propriété et de la propriété intellectuelle de la prothèse. Aujourd’hui le marché des robots est capitalisé et les sociétés ont tout intérêt à garder leurs secrets de conception. Les technologies ainsi brevetées faisant partie intégrante du corps du porteur, ne lui appartiennent pas. Sous couvert d’une promesse d’une nouvelle liberté celui-ci peut alors devenir dépendant d’une société tiers pour d’éventuelles mises à jours ou concernant les problèmes techniques pouvant survenir. Cette piste déjà explorée par la science-fiction, notamment à travers la série de jeux Deus-Ex expose un monde où les prothèses sont accompagnées de médicaments coûteux nécessaires à leur assimilation par l’organisme, rendant alors les porteurs dépendants à l’organisation à l’origine de ces produits. La série ouvre également sur la question du hacking de ces prothèses et de leur technologies, les hackers se trouvant sévèrement réprimés pour avoir négligé les conditions d’utilisation de ce qui se révèle pourtant être leur propre corps.

Face à ses visions dystopiques déjà présentes, mettant en avant le profit avant l’individu émergent des acteurs indépendants souhaitant s’éloigner de ce scénario. Peut être la solution se trouve-t-elle non pas dans les cartons des plus grandes entreprises mais entre les mains de bricoleurs solidaires ? Face au grands groupes pouvant développer des prothèses de précision, l’idée portée par ces bricoleurs est de proposer des prothèses open-source réplicables à l’aide d’une simple imprimante 3D. Avant utilisée pour imprimer des prothèses professionnelles de hanches ou de genoux, l’imprimante 3D s’est vue exploitée par des initiatives populaire.

Par exemple une association nommé e-Nable qui se charge de trouver des volontaires possédant une imprimante 3D pour leur envoyer des plans sur-mesure de prothèse d’enfants souffrant de handicap. Cela permet ainsi d’offrir à des enfants des prothèse fonctionnelles à moindre coût. En effet en 2015, en enfant français nommé Maxence à pu bénéficier d’une prothèse de main pour la modique somme de 50 euros, coût négligeable par rapport aux prothèses plus largement répandu qui sont estimée entre 4200 et 7500€ pour une prothèse myoélectrique évoluées (il en existe bien entendu des prothèses dites de vie à des coûts moins élevé).

maxence

En conclusion, pour le développement d’une robotique transhumaniste plus juste, les acteurs indépendants sont très porteurs. Chacun pouvant rester maître et propriétaire légitime de toutes les parties de son corps. Libre de les construire, les réparer les améliorer, d’avoir accès aux ressources, aux tutoriels permettant de se réparer sois même. En tant que designers interactifs, éventuellement amenés à intervenir dans le milieu des prothèses robotiques, il est important de garder l’humain au coeur des problématiques transhumanistes. Au delà du désir de faire des prothèses toujours plus puissantes et complexes, nous pensons qu’il faut privilégier l’égalité d’accès et l’indépendance.  Cela peut passer par différents aspects, la conception bien sûr, mais également par la médiation et la pédagogie pour faire des porteurs de ces prothèses, les véritables acteurs de la compréhension et de la modification de leur corps.

“Une prothèse qui correspond à ma personnalité qui me ressemble, que je suis fier d’avoir” Projet Bionico Hand
https://www.youtube.com/watch?v=6aksyG60ODM

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