La télémédecine

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Consulter un spécialiste médical ou encore suivre l’évolution d’un patient atteint d’une maladie chronique. Voilà la volonté de la télémédecine. Les seniors étant la première cible de la consultation médicale à distance. L’avantage étant de leur éviter un trajet en ambulance pour aller consulter un spécialiste. Ils ne sont bien sûr pas les seuls concernés : les habitants de zones rurales qui ont peu de spécialistes à proximité, zone que l’on nomme désertification médicale. Elle permet aussi aux prisonniers d’éviter certains déplacements contraignants en termes de sécurité et l’humiliation d’être menottés à l’hôpital, etc. Cette nouvelle révolution dans le domaine du médical permet de répondre à toutes ces demandes mais la télémédecine amène aussi un certain nombre de problématiques.

 

Commençons tout d’abord à définir ce que nous entendons par “télémédecine”. La télémédecine est une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication. Elle met en rapport, entre eux ou avec un patient, un ou plusieurs professionnels de santé, parmi lesquels figurent nécessairement un professionnel médical (médecin, sage-femme, chirurgien-dentiste) et, le cas échéant, d’autres professionnels apportant leurs soins au patient.

 

Nous pouvons vous présenter une plateforme existante pour comprendre l’intérêt de celle-ci. Qare est une plateforme qui permet aux gens de réaliser des téléconsultations en vidéo avec un professionnel de la santé. Imaginez partir en Inde avec votre famille, votre petit garçon commence à se sentir mal et vous voudriez passer consultation rapidement. Au lieu de chercher à l’aveugle dans une ville que vous ne connaissez pas sans savoir si les soins ou la consultation sera de bonne qualité. A la place, réaliser une télécommunication reste simple et est un bon réflexe pour éviter de s’inquiéter pour rien.

 

page Qare

Qare, Qare, 2018

 

La télémédecine encadre aussi la télésurveillance ainsi que les diagnostics à distance. Ceux-ci permettent désormais d’éviter une hospitalisation inutile ce qui réduit les coûts médicaux.

L’utilisation d’objets connectés permettent ainsi à des gens atteints de maladies chroniques d’être moins dépendants d’aides, de consultations hebdomadaires. Un diabétique de type 1 n’aura donc plus besoin de faire ses tests de glycémie à l’hôpital a chaque fois.

 

Guardian Connect, Medtronic, 2017

Guardian Connect, Medtronic, 2017

 

 

Guardian Connect est un objet connecté pour personne diabétique. Il permet de vérifier l’évolution de votre glycémie en regardant simplement votre smartphone. Vous pourrez également programmer des alertes hautes et basses afin d’être averti en cas de risques d’hypo- ou d’hyperglycémie. Il vous sera également facile de partager vos valeurs de glycémie avec vos proches qui pourront recevoir un SMS lorsque vous aurez dépassé votre intervalle cible.

 

La téléassistance quant à elle implique l’entrée de la surveillance dans la vie privée de la personne. Parmi les solutions d’assistance, on y trouve aussi les objets connectés. Cependant depuis quelques années, la société française Assystel propose une autre vision de la téléassistance avec Framboise, le bijou connecté. Framboise est un bouton d’assistance permettant aux personnes âgées de rester facilement connectées avec leurs proches et les secours, à chaque instant, en cas de chute ou de malaise.

 

Framboise, Assytel, 2014

Framboise, Assytel, 2014

Cette proposition est un produit qui répond à une réelle problématique posée par les objets connectés eux même. Ces objets réalisés pour la téléassistance sont la plupart du temps peu esthétiques et facile à reconnaître. Les personnes âgées n’ont pas obligatoirement envies d’être définies comme “personnes assistées”. Framboise est donc une réponse adéquate pour les personnes qui ont besoins d’autonomie via une certaine assistance sans être stigmatisé.

 

Pour finir, la télémédecine représente également un intérêt pour les employeurs. Dans les entreprises américaines, trois employeurs sur quatre soit 75%, prévoient offrir les consultations à distance à leurs employés, selon la dernière enquête de National Business Group on Health. Cela représente une augmentation de 48% depuis 2015. La télémédecine trouve rapidement sa place dans les entreprises permettant de délivrer des consultations à des horaires peu conventionnels.

 

La sécurité, la garantie de l’intimité et du secret médical sont une nécessité pour la télémédecine. Par conséquent se sont des sujets sensibles. Pour garantir ce niveau de fiabilité, tous outils ou plateformes de télémédecine doivent avoir un certificat HADS délivré par l’état. L’agrément HADS, Hébergeur Agréé de Données de Santé, a été créé afin de garantir la confidentialité, l’intégrité, la disponibilité et la traçabilité de ces informations sensibles. Cet agrément implique le respect de nombreuses exigences tant au niveau technique qu’organisationnel. Il est ainsi demandé une authentification forte, un chiffrement des flux et des données ou encore une traçabilité des accès. En plus des outils de sécurité, elle impose une attention particulière et une infogérance sur mesure de ces données

 

Nous avons donc vu que la télémédecine permet de grandes avancées dans le médical via les téléconsultations qui permettent de couvrir la désertification médicale dans les zones rurales ou à risque. Les diagnostics à distance ainsi que la téléassistance permettent quant à eux de libérer les personnes atteintes de maladies chronique et les personnes âgées de déplacements gênants. De plus, ils permettent aussi de redonner de l’autonomie à ces personnes pour qu’elles ne se sentent plus différentes des autres.
Pourtant avec la présence accrue de la technologie dans le domaine de la santé on peut se demander si cela ne va pas déshumaniser le suivi et les soins donnés? En effet, la technologie s’installe dans de nombreux domaines néanmoins la technologie n’implique pas obligatoirement une alternative. La télémédecine ne représente pas une alternative mais une aide pour la santé. Une téléconsultation ne représente pas une réelle consultation car bien que le médecin traitant puisse nous donner une ordonnance il ne peut pas délivrer d’arrêt de travail ni de certificat médical. De même pour les diagnostics à distance qui ne remplacent pas entièrement les processus de suivi médicaux. Il faut aussi réussir à différencier les services et objets qui sont une véritable réponse à une problématique des “gadgets, produits d’une grande innovation”.

 

Article rédigé par Maxime THUREAU, Seohee PARK  et Quentin Hamon étudiant.e.s du bachelor design d’interactivité 3e année dans le cadre du module Revue de veille – groupe I3A/B animé par Florent MICHEL.
Sujet lié aux problématiques du CARE Design Lab, avec la participation de Simon BOUSSARD.
Pour plus d’information sur la formation :

 

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