Sensibiliser les jeunes à la protection de la vie privée sur internet

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Traditionnellement, la période collège/lycée est caractérisé par une attention toute particulière à la vie privée. En effet, les adolescents accordent une valeur importante à leurs moments de vie à l’école, et sont plus réticents à faire part de leur quotidien avec leurs parents. Paradoxalement, les 11-17 ans sont des utilisateurs aguerris des réseaux sociaux et ont pour habitude de poster ou de consulter régulièrement du contenu sur Snapchat, Instagram, Facebook ou encore Twitter. Pourtant, cette tendance à partager en permanence est accompagnée de comportements à risques. Face à une génération née avec les réseaux sociaux, quels sont les moyens de prévention employés par ceux qui ne les connaissent pas ? Comment les institutions peuvent-elles éduquer une génération mieux formée aux réseaux sociaux que ses prédécesseurs ?

 

Etat des lieux des dangers des réseaux sociaux 

Les adolescents ont souvent du mal à distinguer le réel du virtuel. Or, un post sur les réseaux sociaux peut vite devenir viral et avoir des effets bien réels dans notre vie quotidienne. De plus, tout ce que l’on publie sur les réseaux est ouvert au monde entier, des personnes malintentionnées peuvent alors tomber dessus, et utiliser ces informations à des fins d’usurpation d’identité ou encore d’agression sexuelle. Et pour finir, il y a forcément un risque de cyberdépendance.

 

Les moyens mis en place

Concernant la sensibilisation à ces dangers propres aux réseaux sociaux mais aussi d’internet en général, l’Etat n’a pas directement mis en place des campagnes. Mais il a délégué la responsabilité à une association agréée par le ministère de l’Education Nationale : e-Enfance.

Reconnue d’utilité publique, cette association intervient dans les établissements scolaires pour sensibiliser les jeunes et les responsabiliser sur leurs usages du numérique. Elle a également pour rôle d’informer les parents, et développe des outils pédagogiques comme des vidéos interactives, pour mettre en garde sur une mauvaise utilisation des réseaux sociaux. Cependant, les contenus proposés sont obsolètes, et n’évoluent pas avec les nouvelles pratiques et tendances d’internet qui elles sont sans cesse renouvelées.

Les dangers ne sont plus les mêmes qu’il y a 1 ou 2 ans, et les institutions ont une mauvaise connaissance des véritables usages des réseaux sociaux. Les sites les plus fréquentés ne sont plus les mêmes, Facebook a de moins en moins de succès. Le cabinet d’études de marché eMarketer prédit que “le nombre d’utilisateurs de Facebook âgés de 11 ans ou moins, devrait baisser de 9,3 % aux États-Unis en 2018. Pour les 12-17 ans, ce pourcentage est annoncé à 5,6 %, et à 5,8 % pour la frange des 18-24 ans.” 

Pourtant, les campagnes de sensibilisation tournent le plus souvent autour de ce réseau.

Ayant fait partie de la première génération à avoir des campagnes de sensibilisation contre les mauvais usages des réseaux sociaux au collège et au lycée, nous avons eu le sentiment d’être sermonné à propos d’un sujet que nous connaissions mieux que nos interlocuteurs. C’est également le cas pour les générations Z, Diane, lycéenne de 15 ans, parle des campagnes de prévention sur les dangers d’Internet “Vite fait, genre on survolait le sujet […] Je me trouve bien mieux au courant que les gens qui nous en ont parlé […] je n’ai jamais lu les trucs de confidentialité donc je suis pas super au courant, je maîtrise mon image mais je peut perdre le contrôle et les affiches pour mon anniversaire peuvent se retourner contre moi […] Les générations plus jeunes maîtrisent plus leur image et les plus vieilles moins”.

On remarque chez la plupart des personnes de cette tranche d’âge une certaine conscience de soi et une bonne connaissance des comportements à risques sur les réseaux sociaux. Il y a aussi un manque de confiance envers les générations précédentes puisque celles-ci sont considérées comme dépassées et mal renseignées sur le sujet, le diabolisant.

D’autres moyens sont mis en place, comme le site du ministère de l’Education nationale , qui propose un numéro vert pour recevoir des conseils concernant le cyber-harcèlement, et également aider au retrait d’images, de propos blessants, ou de comptes. Ce genre de contenu est plus à destination des parents ou des professionnels, et ne touche pas directement les adolescents.

Certains établissements ont décidé d’impliquer les collégiens dans le développement de ces campagnes de prévention. Encadrés par leurs professeurs, les adolescents d’un collège du Tarn ont réalisé une enquête, des fiches pratiques et des affiches à destination de leurs camarades, mais aussi de leurs parents. Ce type de fonctionnement peut être une bonne solution pour avoir des informations à jour sur les dangers des réseaux sociaux. Cela permet aussi de donner la parole aux concernées, sans passer par des personnes adultes le plus souvent biaisées et moins lucides sur la question.

Paradoxalement à ce que l’on pense, ce sont plutôt les quadragénaires et les quinquagénaires qui ont le plus tendance à “sur-partager” leur vie, sans prendre en compte les paramètres de confidentialité.

Facebook, une évolution des comportements

Facebook contrebalance avec le constat fait pour les autres réseaux sociaux où les 11-17 ans sont très présents et y déballent leurs vies privées.

Facebook est le plus connu et aussi le plus utilisé des réseaux sociaux avec ses 1,8 milliards d’utilisateurs. 10% d’entre eux ont entre 13 et 17 ans, au milieu de tous ces utilisateurs il est primordial de faire attention à ce que l’on partage afin de protéger sa vie privée.

La manière d’utiliser ce réseau a énormément évolué avec le temps en même temps que le réseau en lui même. Il s’inscrit en contradiction avec les autres réseaux.

Sur Facebook les jeunes ne partagent plus leur vie privée, ils l’utilisent surtout pour Messenger qui permet de communiquer entre eux ou avec leur famille. Par contre, le problème de partage de la vie privée est toujours présent pour les utilisateurs de 30 et plus, qui eux partagent sans limite des photos de leurs enfants, des détails de leurs journées. Ils n’ont pas conscience des risques de ce réseau car pour eux ils partagent que “avec leurs amis Facebook” .

Deux profils, deux générations

Deux profils, deux générations

 

Snapchat et le contenu éphémère

Une migration de public c’est effectué entre les différents réseaux sociaux, spécialement de la part des plus jeunes utilisateurs qui se détournent de Facebook pour aller vers Snapchat.

Ce réseau a basé son fonctionnement sur du contenu instantané et éphémère, ne pouvant donc être vu que dans un laps de temps donné. Ce système peut alors amener un très grand sentiment de liberté et avec lui des comportements que les utilisateurs n’auraient pas sur d’autres réseaux sociaux car le contenu n’y est pas éphémère.

 

Instagram et les influenceurs

Le fonctionnement d’instagram est basé sur le partage d’image qui doivent être un reflet de notre vie au yeux des autres utilisateurs. Partant d’une bonne intention ce fonctionnement s’est rapidement transformé en une course au beau, au parfait. Le but n’est plus de simplement partager des moments de vies mais de se créer une vitrine la plus parfaite possible. Au-delà de la vie de rêve que peut vendre ce réseau social, il existe de nombreuses autres dérives qui peuvent être dangereuses pour les jeunes qui ne sont pas encore sensibilisées à certaines mauvaises pratiques.

Par exemple, aujourd’hui 72% des 13/17 ans utilisent Instagram et peuvent être la cible de personne mal intentionnés utilisant leur influence à différentes fins pour détourner certains comptes de personnalités suivis pas cette tranche d’âge.

 

Perspectives

Les dangers sur les réseaux sociaux sont nombreux et ne doivent pas être négligés. Cependant, les moyens de prévention sont systématiquement les mêmes, et la plupart ne sont pas pris au sérieux par les adolescents, qui jugent le contenu obsolète. Durant cette période, il est plus compliqué d’engager le dialogue entre enfants et parents/professeurs pour récolter des informations actuelles sur les pratiques à la mode sur Internet. On pourrait donc envisager d’autres moyens d’impliquer leur connaissance des réseaux sociaux, comme par exemple on les faisant participer à la création de campagnes de sensibilisation sur les notions de confidentialité sur internet.

 

 

Sujet traité dans le cas du cours de revue de veille. 
Article rédigé par Valentine Milliand, Léa Dubois et Alexandre Gay, étudiants de 3e année de bachelor design d’interactivité à l’Ecole de design Nantes Atlantique. 
Page Facebook de la promotion : https://www.facebook.com/InterDsgn
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