La musique à l’ère du numérique

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L’industrie de la musique a toujours été en évolution : nous sommes passés du vinyle à la cassette, de la cassette au CD, du CD au téléchargement et au streaming. Les débuts du web 2.0 dans les années 2000 ont été un tournant en facilitant le partage, la création, et en façonnant la musique numérique telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Des pratiques qui évoluent

Avec l’arrivée du numérique, de nouvelles façons de consommer de la musique sont apparues. Celle-ci s’est dématérialisée, les espaces et les moyens de stockage se sont améliorés, de nouvelles de façons de la partager sont nées.

La musique dématérialisée par exemple est une musique qui n’a pas de support dédié, contrairement aux vinyles/cd. Celle-ci est stockée sur des fichiers informatiques. La musique dématérialisée est beaucoup plus flexible : on peut en modifier l’encombrement, la taille, etc. On peut également la compresser pour mieux la partager sur internet. Elle est aussi de bonne qualité. En effet, même si le format .mp3 est connu pour être de mauvaise qualité (car relativement ancien) et dont l’objectif était de pouvoir compresser au maximum la taille du fichier afin de permettre un partage rapide, même avec une connexion internet lente et payante à la minute, il existe aujourd’hui des nouveaux formats plus modernes et de qualité supérieure à celle des CD. Un des avantages de cette dématérialisation de la musique est aussi la durée de vie. Contrairement aux CDs et vinyles qui peuvent se rayer facilement, les fichiers de musique numérique peuvent être copié-collés à l’infini sans trop subir de dégradation.

Les capacités et façons de stockage changent également : environ 20 morceaux (700mo) pour un CD, 4000 morceaux pour un iPhone de 16go, sans compter les nouveaux services de streaming qui permettent de stocker sa musique dans le cloud. Le site https://www.concerthotels.com/ipod-visualized-as-vinyl propose une visualisation ludique de la capacité de stockage d’un iPod Classic, en le comparant avec une pile de vinyles.fghjjk

Les capacités de stockage sont donc en constante augmentation, mais c’est sans compter les nouveaux services de streaming qui permettent d’uploader sa musique dans le cloud. Parmi eux, Spotify : n°1 mondial des plateformes de streaming, dont le modèle économique est de type Freemium (utilisation de base gratuite, possibilité de payer pour la version Premium, sans les publicités). Une autre plateforme moins connue et plus ciblée : Tidal, dont la majorité des morceaux proposés sont en format .flac (format sans pertes). Tidal est un service plus cher, l’offre n’est pas très large, mais le contenu est plus exclusif. Soundcloud, lui, est plus une plateforme pour artistes,  qui permet à la fois de poster ses créations mais aussi de découvrir des musiciens indépendants.

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La dématérialisation de la musique a profité à ces entreprises, mais en a aussi enterré beaucoup comme Universal Music ou Sony, affaiblies par le téléchargement illégal. Une partie de l’industrie musicale n’a pas su adopter la bonne stratégie face à la dématérialisation, et a préféré blâmer la piraterie que s’adapter à la demande et utiliser cette évolution comme un levier de rentabilité.

Steve Jobs, en lançant Itunes et l’Ipod, a montré qu’on pouvait faire payer pour de la musique, à condition d’offrir avec un service complet et de qualité. En ne suivant pas cette dynamique, les géants de la musique ont été affaiblis par leur incapacité à s’adapter, et non pas par l’essor du numérique.

C’est le cas de la FNAC, qui a été considérablement fragilisé par des concurrents, avec l’arrivée d’Amazon, qui a lancé sa plateforme de téléchargement de musique. FNAC a beaucoup tardé à faire de même, et a lancé Fnac Jukebox, qui ferme d’ailleurs ses portes en juin 2017. (prix élevé pour une offre réduite).

Le mauvais aspect de cette dématérialisation est en majeure partie l’aspect financier, en effet le système financier entier à changé depuis la vente physique, révolue est le temps où on achetait son CD pour 10€, le musicien recevait 4€ sur son album et le reste allait dans les poches des majors. Maintenant, le musicien est entièrement propriétaire de son œuvre, plus besoin des majors car les gains se font désormais “à l’écoute”. Une écoute par exemple sur Spotify vaut environ 0,0003€. Pour toucher la même somme que la vente d’un CD avant, il lui faudra environ 13 300 écoutes.

Mais il n’y a pas que le streaming : les réseaux sociaux ont également apporté un nouveau rapport à la musique. Facebook, Twitter, Youtube, chaque plateforme aborde un aspect de la création musicale et de la gestion d’une fanbase d’un artiste.

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Les sites de financement participatifs ont également connu un essor récemment, avec un grand nombre d’artistes musicaux faisant appel à leurs fans pour financer la production de leur album.

 

La démocratisation de la création musicale

Les évolutions technologiques, en plus de changer nos modes de consommation de la musique, a également permis un changement dans sa production. Pendant longtemps, celle-ci a été limitée par les instruments musicaux classiques, mais avec l’arrivée des synthétiseurs et des séquenceurs analogiques, la culture musicale a été considérablement enrichie, et de nouveaux instruments de musique ont fait leur apparition.

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Synthétiseur minimoog (1969)

Exemple de nouvelle interface de création musicale : le gant connecté Specktr. Specktr est un gant auquel sont attachés des fils conducteurs, eux-mêmes reliés à un contrôleur MIDI situé sur le dos de la main, connecté en Bluetooth à un ordi/smartphone. Ce gant peut comprendre jusqu’à 1500 mouvements pour interagir avec divers logiciels de création musicale et fonctionne avec une application qui permet de changer les contrôles du gant. Cliquez ici pour voir la vidéo de démonstration.

Utilisant des sons enregistrés et modifiés par ordinateur, les sonorités ont pu repousser leur limites ayant pour conséquence de créer de multiples genre qui continuent d’évoluer et de se diversifier.

Allant de Kraftwerk à Savant en passant par Madeon, l’éventail des créations est bien trop large à présenter mais le numérique a en grande partie créé et révélé les talents, des “one man band” qui grâce à des pads et des programmations de samples automatisés ont pu compléter leur arsenal et jouer la totalité de leurs instruments pour un résultat des plus proches de leurs attentes.

La création de communication numérique a permis le partage de masse pour les groupes même inconnus, permettant à certains groupes de se faire connaître à l’étranger et de lancer leur carrières dans un pays autres que leur lieu de naissance.

Le numérique donne aussi la possibilité de créer des sonorités qui peuvent ne pas exister ou qui sont humainement irréalisables à l’aide d’instrument traditionnel, c’est le cas des infrabasses. Poussées à l’extrême, les variations de hauteurs des sons ont créé des genres comme la dubstep, le tempo des genres comme le drone ou le doom ou à l’autre extrême l’acid et la hardcore. De nouvelles pédales d’effet, cette fois numérique et non analogique a pu être mise en place pour les musiciens, créant toujours plus de nouvelles fonctions et de nouveaux usages, de l’accordeur à la wahwah, les idées sont nombreuses.

Le développement du marché de l’outillage numérique musical est tel que des musiciens qui souhaitent l’indépendance face aux labels et à leurs droits peuvent désormais le réaliser, en effet chacune des étapes de production d’un album est désormais à la portée de tous dans la limite évidemment de l’apprentissage personnel des outils.

Il y a plusieurs grandes étapes à séparer dans la production d’un album par exemple que ce soit au format physique ou digital, premièrement vient la composition qui reste une étape uniquement dédiée au(x) musicien(s), qui nécessite toutefois du matériel qui serait resté hors de prix sans le développement de la concurrence et de la production de masse via le numérique.

Ensuite viens l’enregistrement où toutes les pistes sont enregistrées permettant même à une console dix pistes de cumuler des centaines et des centaines de prises, le record actuel est détenu par Devin Townsend avec 2500 pistes de voix de différentes personnes sur le même instant.

Puis vient le mixage qui va permettre de régler les niveaux des diverses pistes enregistrées, ici pas de moyen de se débrouiller si on ne s’y connait pas un minimum, mais aujourd’hui de nombreux groupes choisissent de se trouver un ingénieur du son attitré contre d’autres qui choisissent l’apprentissage par internet.

Les deux dernière étapes sont pour elles encore plus avancées dans la digitalisation, en effet pour le mastering il existe aujourd’hui des plateformes automatisés via un algorithme, mais le résultat n’approchant pas encore le travail d’un ingénieur son, seuls des EPs ou des albums de petits groupes émergents utilisent cette pratique.

Le principe de ce mastering est de faire ressortir les fréquences qui auraient été étouffées au montage, exemple, des trop fortes basses peuvent recouvrir les aigues et ainsi réduire à néant les efforts d’un album en en cachant par exemple la voix ou une guitare. Cette étape parfois oubliée par les petites formations est un coût de plus qui peut être évité par le numérique et son développement d’outils.

Pour terminer, la promotion nécessite toujours un chargé de communication ou un graphiste si le groupe gère lui même son community management. Des outils sont même développés pour la promotion et la vente de leur musique comme les publicités facebook avec des contenus extrêmement ciblés dans le monde entier pour une rentabilité extrêmement augmentée. La distribution est désormais automatisée par des sociétés possédant des partenariats avec de multiples plateformes contre l’échange de pourcentages de royalties, actuellement un groupe de n’importe quelle taille peut se retrouver sur plus de 150 plateformes en un contrat dans un laps de temps très court, peu de groupes choisissent de se charger de cette étape fastidieuse et certains choisissent même des plateformes uniques voir crée la leur. Une étape “post création” mais à noter tout de même est le booking, en effet faire tourner un groupe et vivre de la musique aujourd’hui est actuellement possible pour tous depuis une semaine en tout cas en France avec le site”Scène Locale” répertoriant tous les groupes locaux et les salles avec leurs contacts ainsi leurs particularités, là où avant les musiciens se devaient de payer un booker pour “sa liste de contact”, cet outil va probablement se démocratiser dans le pays, mettant à terre le dernier chaînon de la dépendance musicale à l’ère du numérique.

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