La mort numérique

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Cet article est une synthèse de la revue de veille du 5 avril 2016 – Formation design d’interactivité 2e Année, réalisé par Ninon MANCIAUX, Lewis Dingley et Fanny MAILLARD.

 

UNE THÉMATIQUE JURIDIQUE

La mort numérique

Beaucoup d’internautes s’interrogent sur ce que deviennent les données les concernant et concernant leurs proches après la mort. C’est à partir de là qu’a émergé le concept de « mort numérique » qui amène à des questions juridiques mais aussi sociétales.

Après la mort d’une personne, la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) veille à ce que l’informatique ne porte atteinte, ni à l’identité du défunt, ni à la vie privée de ses héritiers. Mais les droits d’accès, de modification, et de suppression prévus par la loi sont des droits personnels qui s’éteignent à la mort de la personne concernée. La loi ne prévoit pas la transmission des droits du défunt aux héritiers : un héritier n’a donc pas le droit d’avoir accès aux données d’un défunt. La loi autorise toutefois les héritiers à entreprendre des démarches pour mettre à jour les informations concernant le défunt.

Pourtant, les familles des personnes disparues voudraient pouvoir accéder aux données concernant le défunt, ou exigent au contraire leur suppression. Cela créée des problématiques aussi bien techniques que juridiques. Pour répondre à cela, les grands acteurs de l’Internet, tels que Google et Facebook proposent des fonctionnalités permettant de paramétrer « la mort numérique ».

Ces droits évoluent, puisque depuis février 2015, Facebook a créé une nouvelle option permettant de désigner un proche qui pourra s’occuper du compte d’un utilisateur après son décès. Il pourra accéder au compte en question pour publier un unique statut, accepter des demandes d’amis et changer les photos de profil et de couverture. Il pourra également télécharger les archives des publications du compte, comme ses statuts ou ses photos. Les messages privés, eux, resteront inaccessibles. La CNIL veille a ce que toutes ces fonctionnalités n’offrent pas l’accès aux correspondances privées du défunt

LA TOMBE CONNECTÉE (QR CODE)

QR code sur pierre tombale

Depuis cinq ans, il est possible de faire poser un « QR code » sur sa pierre tombale. Ces codes renvoient à des documents choisis par le défunt qu’il souhaite transmettre et qui a été numérisé. Dans les cimetières, les promeneurs peuvent donc flasher le code d’une tombe et connaître toute la vie de la personne qui y est enterrée. Aux États-Unis et au Japon, cette nouvelle technologie fait un tabac, mais c’est loin d’être le cas en France. Plusieurs raisons expliquent ce désintérêt :

  • le marché est minuscule et propose des prix qui restent encore trop élevés, au minimum 200 euros
  • beaucoup refusent d’intégrer un gadget technologique dans un espaces encore considéré comme sacré
  • le QR code pourrait rapidement devenir obsolète face à la vitesse des évolutions technologiques, dans ce cas la totalité des données seraient perdues.

MESSAGES POST-MORTEM SUR INTERNET

La « mort numérique » peut aussi s’appeler « éternité numérique » car certains utilisateurs préfèrent garder la main sur leurs réseaux sociaux et envoyer des messages, même après leur mort :  par exemple, DeadSocial est un service créé en 2012 qui permet à un utilisateur de rédiger des messages d’adieu qui seront automatiquement publiés à sa mort. Leur diffusion peut même être étalée dans le temps, prolongeant un peu plus la présence virtuelle de leur auteur. Ce service fonctionne avec Facebook, Instagram, Google, LinkedIn et Twitter.

LES TOMBES VIRTUELLES

i-tomb

Parfois, les familles d’un défunt n’ont matériellement pas la possibilité de se recueillir sur sa sépulture. C’est notamment le cas lorsque les membres d’une même famille habitent loin les un des autres, ou lorsque les cendres ont été dispersées.

Toutefois, les nouvelles technologies permettent à présent de créer des tombes virtuelles sur Internet. Ainsi, honorer la mémoire d’un proche défunt redevient possible, même si on habite loin de son lieu de sépulture.

Des sites gratuits permettent de créer une tombe virtuelle totalement gratuitement. Il est ensuite possible d’y déposer des fleurs virtuelles, d’y écrire une pensée, d’y déposer des photographies ou des vidéos, d’y allumer des bougies.

I-tomb.net par exemple, est le cimetière virtuel mondial. Celui-ci a pour vocation d’accueillir la mémoire de ceux qui nous ont quitté. Pour ajouter sa pierre tombale sur i-tomb.net, il faut d’abord la construire grâce à une application baptisée i-memorial. Celle-ci permet à une personne de disposer d’un compte sécurisé sur lequel elle peut raconter sa vie, mettre des photos des vidéos ou des infos confidentielles.

Une fois la tombe virtuelle créée, celle-ci apparait sur le site i-tomb.net. Il s’agit de la même logique que pour la numérisation des archives nationales. Et comme pour le traitement des archives, la question de la sécurité est cruciale. 30 à 35% des investissements concernent donc la sécurité.

L’entretien de la tombe virtuelle vous coûtera 50 dollars par an. Pour ce prix, vous avez la certitude que l’i-tomb restera contrôlée par les membres de la famille et qu’elle ne sera donc pas dénaturée.

LA RENAISSANCE PAR HOLOGRAMME

nbig

Augmented Reality Holographic Technology Media, la société qui annonce créer les « hologrammes humains les plus crédibles au monde », a obtenu les droits numériques pour créer l’image de Notorious B.I.G. La version pixelisée du rappeur assassiné en 1997 fera sa première apparition dans le prochain clip de sa veuve, la chanteuse Faith Evans. L’hologramme pourrait ensuite partir en tournée. Avant Notorious B.I.G, Whitney Houston, Billie Holiday, Michael Jackson ou encore Tupac ont été numérisés.

Tupac et Snoop Dog a Coachella

Pour Paul Duffy, le CEO d’ARHT, l’objectif est de développer un hologramme aussi proche de la réalité de la personnalité et du style du rappeur. 

L’équipe d’ARHT va recueillir des sources diverses, en partant bien sûr des enregistrements existants de performances du rappeur en concert ou dans ses clips. Ils vont également s’entretenir avec la famille et les proches de Notorious B.I.G. pour comprendre au mieux ce qui faisait le talent et la personnalité du rappeur.

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