Intimité et connexion permanente

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Synthèse de la revue de veille du 17/03/2017 réalisée par Marianne Delasalle, Falko Jakubikowa et Thomas Cescousse, étudiants de 3e Année en Bachelor design d’interactivité.

En moyenne, un cadre reçoit au bureau 50 mails par jour. 70 % des Français vérifient leur messagerie toutes les cinq minutes, 78 % se connectent avant de dormir, à peine moins dès le réveil.

Avec le développement des smartphones et des objets connectés, l’informatique est de plus en plus en mode connexion permanente. Tout le monde peut y avoir accès à tout moment. Cette hyperconnectivité modifie les relations des individus entre eux que cela soit en couple, en famille ou bien même au travail. La question d’intimité et sécurité est aussi remise en cause. Nous démontrons dans un premier temps les répercussions de l’hyperconnectivité dans la culture populaire : série télé, oeuvre artistiques, plusieurs actions s’engagent à critiquer notre société actuelle et les répercussions néfastes de nos nouvelles habitudes.

Dans la culture populaire, il est à noter la série Black Mirror, mettant au fil des épisodes l’hyperconnectivité et la relation grandissante aux technologies au premier plan. S’immisçant dans nos vies et parfois même au-delà (San Junipero), ce n’est plus la technologie qui s’adapte aux besoins humains, mais bien l’humain qui se calque sur les progrès numériques, quitte à en modifier drastiquement sa manière de vivre. Dans le cadre de l’intrusion dans l’intimité, de la perturbation de celle-ci, et ce par le biais d’une connexion au monde extérieur exacerbée, l’épisode Chute Libre est un parfait exemple. Le statut social dépend ici intrinsèquement des interactions avec les autres via une application de notation de l’individu, obligeant un comportement constamment correct basé sur le paraître.

“Nous attendons davantage de la technologie, que nous attendons moins de l’autre.” Sherry Turkle étudie comment nos appareils et nos avatars en ligne redéfinissent la connexion et la communication humaine. Elle demande à son audience de réfléchir profondément sur les nouveaux types de connexions que nous voulons avoir. Pour cela elle démontre que la principale vulnérabilité de l’homme c’est son besoin d’être entouré et reconnu. Les nouvelles technologies et la connexion permanente nous apportent notre dose quotidienne de satisfaction, mais tels des toxicomanes nous tombons jour après jour dans une dépendance qui semblerait fatale si un jour nous nous retrouvons sans connexion.

Des artistes se sont engagés pour critiquer les modifications sociales dues à l’hyperconnectivité tel qu’Ajit Johnson avec sa série d’illustrations “This Generation” (2016) qui caricature les grands moments de la vie  ou les habitudes quotidiennes sous forme altérée par notre addiction aux smartphones, ou encore le photographe Alessandro Rampazzo avec sa série “No more words” (2013) qui dénonce la rupture crée dans les conversations ou l’isolement à cause de nos smartphones.

On parle alors de “Phubbing” (créé en 2014) : il s’agit d’un terme anglophone désignant l’acte d’ignorer des personnes physiquement présentes en consultant son smartphone plutôt que de communiquer avec elles. Un autre terme inventé est celui de “Nomophobie”(créé en 2012), la peur d’être éloigné du flux tendu et de manquer des notifications, de ne pas pouvoir être au courant des dernières actualités.

Des marques ont bien compris l’enjeu autour de cette problématique en développant des campagnes de pub autour du sujet. C’est le cas de la marque Durex avec sa campagne vidéo “Connect” sur Youtube, qui globalise désormais plus de 38 millions de vues et dénonce le manque de conversation créé à cause des smartphones dans les couples. 

Autre tendance de ces dernières années encore : la création d’objets connectés pour se “déconnecter” : du bijou à la poivrière, tous cherchent à limiter l’usage des individus avec leurs objets électroniques. Dans l’objectif de réduire la connectivité au sein d’une famille, et plus particulièrement au moment des repas, où l’utilisation d’appareils connectés est pour beaucoup symbole d’affaissement en termes de relation familiale, Demio présente son projet de Pepper Hacker. À première vue, il s’agit d’une banale poivrière, mais est dissimulé à l’intérieur un brouilleur. Ainsi, tout en assaisonnant vos plats de poivre, vous coupez instantanément tout appareil électronique autour de la table.

Autre invention originale : le bijou connecté pour se déconnecter ! Altruis est un bijou intelligent : programmez les mots clés qui sont les plus importants pour vous, et Altruis se chargera de filtrer vos notifications, mails et messages par ses mots-clés seulement. Le bijou (bague ou collier) se mettra alors à vibrer. Plus besoin de vérifier son écran de téléphone pour la modique somme de 300 euros !

 

 

 

Moins original, mais tout aussi efficace : Ksafe, la boîte qui emprisonne les addictions. Aux alentours de 50$, offrez-vous un véritable coffre fort qui emprisonnera l’objet de votre choix pour la durée de votre choix. Cela fonctionne pour les smartphones, les télécommandes de télé (et aussi pour la nourriture !).

Il est parfois difficile de se passer de cette connexion au reste du monde en temps normal, aussi certains préfèrent réserver ces moments de pause numérique pour leurs vacances. Ainsi fleurissent des propositions de séjours déconnectés (“Digital Detox”) dans des endroits reculés et surtout coupés de toute connexion internet. Très en vogue aux États-Unis, le concept tend à débarquer en France de plus en plus au cours des prochaines années.

Parmi les inventions on retrouve étrangement des applications sur smartphones ! Celles-ci telles que Phone Detox, FLIPD, LUFTHANSA proposent le même type de service : bloquer certaines applications addictives, ou encore imposer un couvre-feu avant de dormir, envoyer une notification lorsqu’un certain temps passé sur une application est dépassé, envoyer des réponses automatiques prédéfinies aux messages reçus, ou encore comptabiliser le temps passé “off-line” de son téléphone pour observer ses progrès.

En guise de conclusion, il est évident que les technologies, et le fait de leur interconnexion ont considérablement modifié nos vies, et notre rapport à l’intimité, concept de plus en plus flou. De petits appareils, dans le coin de la chambre, sont en permanence reliés à d’autres utilisateurs, aux amis, aux familles… Nous ne sommes plus seuls chez nous. De plus en plus de personnes ont recours à divers stratagèmes de désintoxication numérique (Digital Detox), visant à se séparer momentanément de tout appareil connecté, voire même à se retirer dans certains coins reculés, coupés du monde.

Pour retrouver toutes les sources , vous pouvez consulter ce lien Library : http://library.lecolededesign.com/search/binder/MTg3Ny4y

 

 

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