Art et Design en Aotearoa

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Pour comprendre ce qu’il se passe en Aotearoa, ce pays du bout du monde qu’est la Nouvelle-Zélande il faut retourner des années en arrière. Les années 80, un tournant pour les Māoris, peuple natif d’Aotearoa, une première exposition internationale d’art Māoris en 1984, Te Māori, puis une loi leur redonnant droit d’user de leur langue en 1987, Maori Language Act, et c’est une porte que les Pākehās, les colons, laissent grande ouverte. Fort de leur culture et de leurs droits, blessés par des années d’interdictions, ils vont savoir se faire entendre et reconnaître de tous. Aujourd’hui c’est donc dans une grande effervescence que les Māoris portent leur culture et leur art vers de nouveaux horizons, sans amertume et fiers. Auckland et Wellington, les deux principales villes du pays s’ouvrent  alors au monde Artistique. Depuis 10 ans seulement, les quartiers de Ponsonby, Parnell et K’ road à Auckland voient fleurir les galeries d’art et de design. Ponsonby s’offre au flâneur et glaneur d’objets vintage et signés, Parnell offre un petit goût de Design Européen, galeries de design Français ou Italiens. Puis il y a K’ road ou Karangahape Road, tatoueurs, perceurs, créateurs, artistes, éditeurs, designers Néo-Zélandais, ils s’exposent et forment un joyeux bouillon créatif. La rue ne dort pas, après la journée de travail on va au théâtre ou aux fashion speed dating, les tags ornent les pignons des bâtiments de briques, les bars et clubs branchés se remplissent. Le tatouage est peut être l’une des choses les plus significative de ce qui se passe en ce moment en Nouvelle-Zélande. Une effervescence créative résultat de la rencontre entre l’art Maori, Européen et Asiatique. Des artistes naissent de toute part. serena giovanna stevenson Il en est de même pour l’art traditionnel Māori. La galerie Kura , dans le centre ville d’Auckland est une de ces vitrines encore peu nombreuses à offrir aux artistes et designers la possibilité de s’exposer et de se vendre mais surtout de promouvoir l’art et le design Māori. Michael Heinrich, designer de mobilier utilise de l’acier, et du bois de rimu recyclé pour créer ses pièces. Le rimu est un bois natif alors que l’acier est un matériau importé par les colons.

Michael Heinrich, coffee table, Kura Gallery

David Hakaraia, designer, s’inspire de la culture Māori pour créer ses pièces : sa table « Ranginui and Papatuanuku » s’inspire de la légende selon laquelle Ranguinui, le ciel père et Papatuanuku, la terre mère sont à l’origine du monde. Cette table est elle aussi faite en bois natif de Nouvelle-Zélande, le tanekaha.

David Hakaraia,Table  Ranginui and Papatuanuku, Kura gallery.

Puipuiaki, Treasure Box a été designé par David Hakaraia et Earl Stewart : de racines Māoris et Européennes, ils se sont appuyés sur une des valeurs les plus fortes de la culture Māori pour créer cette boîte à trésors, l’attachement à la terre natale, le relief sculpté sur le bois de kiwilla et totara reprend le relief de leur région natale. David Hakaraia & Earl Stewart,Treasure Box, Kura Gallery Cependant, il n’y a pas que le design Māori qui se développe, David Trubridge est surement l’un des designers Néo-Zélandais les plus mondialement connu.  Représentant du slow design Néo-Zélandais, son travail s’inspire de la nature et s’efforce d’être le plus éco-conçu possible. float boat bed david trubridge La chance d’être en Nouvelle-Zélande où l’on vit si près d’une nature forte et unique, où l’homme est conscient que l’écosystème dans lequel il vit est fragile. Ici il n’y a pas de design sans qu’il soit éco-conçu et l’on recycle tout. Les créateurs naissent de toute part et recyclent tout ce qu’ils trouvent. Lucy Holloway, comme tant d’autres ont le don de redonner une seconde vie aux matières, aux objets. Ses coussins sont fait de vieux draps, de torchons ou de foulards. Dans un pays où importer coûte bien trop cher il faut être ingénieux, faire soi- même, avec ce que l’on a et ce que la nature veut bien nous donner. Lucy Holloway, Art & Craft market L’autre grande richesse de la Nouvelle-Zélande, c’est effectivement sa nature et sa politique exceptionnelle. 73% de l’énergie produite en Nouvelle-Zélande est aujourd’hui verte, en 1987, le pays est le premier à bannir le nucléaire de son territoire, et le gouvernement, ainsi que sa population, est intransigeant sur les questions d’environnement. La question de l’éco conception ne se pose donc pas elle fait partie du processus de conception.

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