Sea, work and sun (on se passera du « sex »)

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Quelque part en Australie…

à Cairns plus précisément (latitude 16°57’S, longitude 145°45’E). Vous situez ? Quand on se lance vers un territoire – que dis-je « un continent » – tel que l’Australie, déjà on en revient un jour ou l’autre (théorie du boomerang oblige), et on le fait avec une excitation mêlée d’appréhension : c’est ça l’aventure ! On débarque avec tout un tas de choses en poche, prêt à en revenir avec encore beaucoup d’autres en tête. On s’encombre aussi de quelques idées reçues, quelques sentiments pré-mâchés… Difficile de faire autrement. Mais on les abandonne très vite sur place, même si ce n’est pas toujours réciproque…

L’expérience est délicieuse, et enrichissante.

Cairns est une ville très dépaysante et fantasmatique pour nous autres, européens. Une sorte de modèle de carte postale. Située dans le Queensland, on s’y sent loin de tout ; aussi bien dans l’espace que dans le temps. Vous allez comprendre. (Pris par le temps et un budget restreint, je n’ai que peu bougé en Australie, toujours autour de Cairns, qui sera donc au centre du contenu de cet article.) Bon. Je crois vous avoir dit qu’on s’y sentait « loin de tout », non ?

Dans l’espace, parce qu’on est loin de la France, loin du centre névralgique culturel de l’Australie (la bouche du sud-est – avec notamment Sydney et Melbourne -, ouverte sur l’extérieure et gorgée de mondialisation… miam !). Loin de l’autre côté de la route aussi, vue comme tout y est démesuré ; avec de belles voitures et de gros 4×4.

Cairns est une ville tropicale et très touristique. Une cité balnéaire bordée d’eaux dangereuses et habitée par la marée cosmopolite des foules étrangères. Un carrefour où beaucoup de « loins » se donnent rendez-vous, et se sentir proche du « loin », n’est-pas génial ?! Comme quoi le tourisme peut se révéler savoureux et plein d’opportunités… un peu agaçant aussi parfois, surtout de se sentir l’être soi-même cf. Suivez le guide !. Non, dans l’ensemble, c’était très bien.

Loin dans le temps également (et les deux sont liés). Quand je vous dis que la ville est un « modèle de carte postale », c’est pour le meilleur et pour le pire. Pour le fantasme, et pour le côté attendu et désuet de la chose (visuellement, graphiquement, esthétiquement et tout ce qui rime en « ment », on a souvent l’impression de se retrouver dix ans en arrière).

C’est bien triste, mais pour ma part je n’ai pas décelé en Cairns de réelle innovation, ayant pourtant pas mal vadrouillé et suivi le quotidien de la ville, jamais je ne me suis arrêté sur un concept, jamais un « Hey ! Mais c’est intéressant ça ! » ne m’a interpellé. Les vacances quoi, rien de plus… Dommage.

Enfin je suis peut-être mauvaise langue. A bien y penser trois choses ont attiré mon attention durant mon séjour : l’une positive, les deux autres beaucoup moins.

La « positive »: le lagoon

australie_cairns_lagoon

Le Lagoon est un lieu récurent, communément retrouvé dans les villes côtières australiennes. Un espace s’étendant en longueur sur le front de mer, où est centralisé un bon nombre d’activités (piscine salée, skatepark, terrains de beach-volley, promenades, parcs pour enfants, modules de remise en forme, espaces de pique-nique avec planchas électriques publiques pour s’adonner au plaisir national du barbecue, etc.). Tous ces lieux distincts sont pourtant ouverts et débordent les uns sur les autres pour former cette belle synthèse spatiale qu’est le lagoon. Une centralisation qui implique de la proximité, matériel certes, mais surtout humaine ; un carrefour avec une très forte dimension sociale où se retrouvent jeunes et vieux, locaux et touristes, actifs et passifs, artistes de rue et familles… Sans oublier une esthétique très fleurie et boisée. Non, clairement un très bon point ! ^^

Les « beaucoup moins »: l’éco-conception

L’Australie est une patrimoine environnemental exceptionnel, et les australiens le savent. Sa préservation directe est très bien orchestrée, on vous sermonnera très vite si vous vous mettez debout lors d’un snorkling à la barrière de corail (et heureusement !). Mais quand on parle d’une conscience plus indirecte des activités humaines et de leur impact sur l’environnement, là on frôle le zéro. On distribue des sac plastiques à foison aux caisses des supermarchés (dans le style « 1 sac pour 1 article », j’étais réellement choqué cf. Safari alimentaire), on déverse les eaux usées directement dans l’océan et j’en passe. C’est bien joli de garder ses perles de natures au summum de l’esthétisme, très joli même, mais peut-être faudrait-il veiller à ce qu’elles ne pourrissent pas de l’intérieur.

 
 

Les « beaucoup moins »: la considération aborigène

Je ne vais pas vous parler d’un, deux ou cinq designers australien. Non, plutôt de la confrontation malheureuse entre un design ancestral bafoué et un autre, contemporain et hermétique. Pour faire vite, sachez qu’en Australie, du moins à Cairns, la situation aborigène n’est pas brillante. A l’origine de tout cela : l’exploration, la découverte, la colonisation… la ségrégation raciale :  merci James Cook. L’Australie était à l’origine une immense prison, uniquement. On comprend mieux pourquoi une partie de la culture y est enfermée. Aujourd’hui, à ce que j’en ai vue, les aborigènes sont généralement de pauvres erres, sans-abris, ivrognes, qui dépensent en goon (vin australien très très très médiocre et bon marché) les indemnisations que l’Etat australien leur donne en réparation des dommages fait à leur peuple. Pourtant leur patrimoine culturel et artistique est incroyable, une culture multi-séculaire très majoritairement boudée par la société australienne actuelle. Un trésors jeté aux ordures. J’ai cru apercevoir quelques lueurs d’espoirs à l’époque, certaines agences s’inspirant du trésor aborigène pour se nourrir. Il serait temps de créer le vrai design australien, non ?

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