Design in the U.S.A

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’histoire du Design des Etats-Unis est fournie. Là où il y a industrie, il y a designer, et aujourd’hui encore, là où les nouvelles technologies sont exploitées, il y a designer. Depuis un peu plus d’un siècle donc, dans ce pays symbole de l’industrialisation, de nombreux designers ont joué un rôle majeur dans la confection de l’univers dans lequel nous évoluons aujourd’hui, et bâtissent celui de demain. Il n’y a qu’à faire un rapide tour dans les couloirs de l’école pour croiser quelques noms célèbres, comme Nelson, Eames où Engelbart… Au début des années 1920, dans le Michigan, la société Herman Miller inc. voit le jour. George Nelson, justement, y réalisa par exemple la fameuse Coconut Chair, objet emblématique de la fin des années 1950. Durant cette période, il côtoya, toujours chez Herman Miller inc., le couple Eames, précédemment nommé. Charles et Ray, designers majeurs du XXe siècle, ont collaboré depuis leur rencontre au tout début des années 1940. La Eames Lounge Chair, pièce vraisemblablement la plus célèbre de leur travail, est aussi issue des ateliers de Herman Miller, exposée au MOMA de New York, en Janvier.

La Eames Lounge Chair, Charles & Ray Eames.

La Eames Lounge Chair, Charles & Ray Eames.

New York… Haut lieu du design, de la mode et de la communication. Comment ne pas mentionner l’une des campagnes de publicité les plus réussies, celle du designer graphique natif de la « Grosse Pomme », Milton Glaser. Le sacro-saint « I love New York », arboré fièrement, depuis New York jusqu’à ses antipodes, près de 40 ans après sa création. Avant de bondir dans le temps et de parler de John Maeda, je voudrais attirer l’attention sur deux designers, qu’il cite comme ses influences, et qui ont permis au design graphique américain de faire ses premiers pas dans le design appliqué à l’outil informatique. Tout d’abord Paul Rand, auteur de nombreux logos tels que celui d’IBM ou le « Think Different » de la pomme croquée, à l’époque multicolore, mais surtout Muriel Cooper. Le travail de Muriel Cooper sur la lisibilité typographique à l’écran, est aujourd’hui encore très reconnu, et sert de base à tout design graphique sur support interactif, encore aujourd’hui. Elle est la première à s’être « attaquée » au pixel, et définir les axiomes de la création typographique intelligible, sur des corps de caractères relativement petits.

Variation du logo d'IBM, Paul Rand.

Variation du logo d’IBM, Paul Rand.

Ces deux designers sont importants à citer avant de parler du travail de John Maeda. D’une part pour l’approche du support interactif, et d’autre part pour la simplicité dans le design (Paul Rand est l’un des fondateurs du style suisse). John Maeda est un designer actif depuis les années 1990, et est l’actuel président de la Rhode Island School of Design. John Maeda est aujourd’hui très reconnu pour ses 10 lois de la simplicité, énoncées dans son livre « Laws of simplicity ». Dans son sillage, deux designers d’interaction, anciens étudiants au MIT, comme John Maeda, Casey Reas et Benjamin Fry, sont célèbres, pour leur création, l’environnement de programmation Processing. Aujourd’hui, Processing est un outil très puissant pour initier les designers à un langage de programmation dit « de haut niveau », et au traitement des données. L’émergence du support informatique, et son utilisation quotidienne et globale dans nos communications et médias d’informations dévoile une forêt de données, dont l’organisation et la visualisation est du ressort du designer aujourd’hui. Le travail de John Maeda ainsi que celui de Reas et Fry posent les jalons (et y contribue encore aujourd’hui) de la dataviz, nom jargonnesque donné à la visualisation de données.

Dataviz des liens detre plusieurs blogs inportants, par Ben Fry.

Dataviz des liens detre plusieurs blogs importants, par Ben Fry.

Pour terminer cette traversée éclair d’un siècle de design américain, je voudrais évoquer le travail de Nathan Yau, qui gère le site flowingdata.com. Programmeur, graphiste et designer, Nathan Yau publie régulièrement via le site nommé plus haut plusieurs cartes, graphiques et illustrations, permettant de dégager de l’information synthétique d’une quantité abstraite de données. Si l’on voulait schématiser encore, disons : de 1911 à 2011, le design américain est passé des contraintes de la fabrication et manufacture en série, à celles du traitement de données abstraites en masse, quid de celui de 2111 ?

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