adaptation aux nouvelles technologies.

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Aujourd’hui on remarque que les nouvelles technologies tendent de plus en plus à se recentrer sur l’utilisateur, et l’Homme en général. A l’exemple des applications de géolocalisation qui mettent l’utilisateur au centre de la carte et qui la fait évoluer en fonction de ses déplacements et ses attentes. L’homme ne suit plus le numérique et les technologies, ce sont elles qui le suivent.Cependant les nouvelles technologies peinent souvent à s’adapter à l’Homme, qui retrouve trop souvent le sentiment d’être dominé par celles-ci.

La principale cause à ce phénomène est certainement la course effrénée à l’innovation et à l’évolution des technologies, que nous vivons actuellement : «La technologie s’invite partout, dans notre environnement, dans notre intimité, elle devient intrusive. Et la probabilité est forte que chacun de nous voie plus de dix révolutions technologiques quand nos ancêtres en voyaient à peine une dans leur vie» Dominique Weizman(1).  Alors dans un monde ou tout va de plus en plus vite “Avec le web en temps réel, explique Spivak, avec l’augmentation du nombre d’informations auxquelles nous devons être attentifs par unité de temps – par heure, par minute, par seconde -, c’est la nature même du présent qui se trouve changée. Le présent est plus dense, nous avons accès à beaucoup plus d’informations par unité de temps présent qu’auparavant. Par certains aspects, le présent se raccourcit. Nous devons le penser à une autre échelle. Le présent se comptait en jour – en heure peut-être -, il se compte aujourd’hui en secondes.”(2), les tendances sont au temps réel et à la réalité augmentée, et on voit apparaître des termes tels que «hypervie»(3) par Valérie Morignat , «homo-fabricatus»(4) (homme parfaitement intégré à son appareil technique), ou encore «révolution» (des cadres sociaux de la mémoire et du langage) par Michel Serres(5). Véritables témoins de la mutation sociologique et psychologique autour de la technologie et du numérique, ces termes nous invitent à réfléchir sur l’impact réel des nouvelles technologies dans notre société et les facteurs de réussite de leur adaptation à l’homme (l’une des principales clés à leur implantation). En effet, si cette course à l’innovation raccourcit le temps d’adaptation mutuel entre l’Homme et la technologie, ce dernier n’en reste pas moins important et nécessaire. Que l’on soit technophile, utilisateur « lambda », ou totalement hermétique aux technologies, il n’en reste pas moins sûr que nous sommes tous aujourd’hui affectés par elles dans notre vie de tous les jours. Certains tomberont dans un état de cyber-dépendance, d’autre suivront les préceptes du « low-tech »(6), mais tous chercheront avant tout à donner du sens à notre utilisation des technologies pour mieux les intégrer et les exploiter. Alors, comment donner du sens à une nouvelle technologie? On peut imaginer un « protocole » de création et de conception avec:
– Tout d’abord, une étude sur le marché, sur l’utilisateur et sur son environnement, qui fournira les premières réponses.Cela permettra notamment de fixer le «MAYA stage» (Most Advanced Yet Acceptable) de Raymond Loewy, qui détermine la limite au-delà de laquelle on ne peut aller sans prendre le risque d’être rejeté par les utilisateurs. Des notions de sociologie, d’éthique ou encore de psychologie interviennent dans cette étape.

– Ensuite, l’implantation de la notion de simplicité, dans son utilisation et donc dans son adaptation à l’Homme. Souvent vecteur de réussite, tant sur le plan commercial et marketing, que sur la perception et le sens que reflète la technologie auprès de l’utilisateur. On le remarque notamment par les échecs de l’implantation de certaines technologies, telles que la RFid essentiellement utilisée aujourd’hui pour la logistique et le suivi de marchandises, alors qu’elle offre de nombreuses possibilités d’adaptation à l’environnement numérique et technologique qui nous entoure.

– Enfin, une «humanisation» de la technologie, tendance générale actuelle face à la peur et l’angoisse des nouvelles technologies, qui traduit bien souvent une «peur de l’avenir» très commune. Si «Nous tolérons bien souvent les pathologies de la quantification, parce que les résultats s’avèrent puissants»(7) une humanisation de la technologie, et des données qu’elle génère, semble indispensable aujourd’hui, «Même Internet, pourtant synonyme de high-tech et de monde virtuel, voit se multiplier les tentatives d’humanisation. Communautés, chats, weblogs, sans parler du développement vertigineux des sites de recherches généalogiques, le Web devient un tissu vivant de résistance à la technologie, ou du moins à ses excès.»(8)

Mais cela suffit-il pour donner du sens aux nouvelles technologies et s’implanter dans un marché « inondé »? Et si la solution était simplement «Celle d’inventer des outils qui fassent le tri, des outils qui nous permettent de transformer les données brutes en informations, de sélectionner ce qui est vraiment important, des outils qui nous permettent au final de dilater un peu le présent.» (9).

Par Florent Lorthiois, le 29/09/2010.

(1) Dominique Weizman, directrice générale de Dezineo, bureau de style et de veille spécialisé dans le design.
(2) Nova Spivak cofondateur de Live Matrix, entretien donné par Nova Spivak à Om Malik
(3), (4) Delphine GRELLIER Traduit de l’italien, Mario Gerosa (Dir.), Aurélien Pfeffer, «Mondi Virtuali», Castelvecchi, 2006.
(5) Les nouvelles technologies : révolution culturelle et cognitive – Michel Serres, 11/12/2007, 40 ans de l’INRIA.
(6) La revendication de l’usage des Low-tech témoigne de la volonté de s’opposer aux modes technologiques, considérées comme mercantiles, avilissantes et déraisonnables écologiquement.
(7) «Nos vies gérées par les données» Hubert Guillaud le 26/05/10, www.internetactu.net
(8) «Homme et technologie Une nécessaire adaptation mutuelle», Marketing Magazine N°86 – 01/05/2004 – Rita Mazzoli.
(9) Xavier de la Porte, Faire face à une civilisation qui vit dans le présent

Sources: Un monde de technologies centrées sur l’utilisateur, Hubert Guillaud http://www.internetactu.net/2010/09/28/un-monde-de-technologies-centrees-sur-lutilisateur/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+internetactu%2FbcmJ+%28InternetActu.net%29
#pdlt : Faire face à une civilisation qui vit dans le présent, Xavier de la Porte http://www.internetactu.net/2010/09/06/pdlt-faire-face-a-une-civilisation-qui-vit-dans-le-present/?utm_source=feedburner&utm_medium=feedutm_campaign=Feed%3A+internetactu%2FbcmJ+%28InternetActu.net%29
Les nouvelles technologies : révolution culturelle et cognitive, Michel Serres http://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-revolution-culturelle-et-cognitive
« Homme et technologie Une nécessaire adaptation mutuelle »,Rita Mazzoli. http://www.e-marketing.fr/Marketing-Magazine/Article/Homme-et-technologie-Une-necessaire-adaptation-mutuelle-12735-1.htm
« Hypervivants », Valérie Morignat http://www.omnsh.org/spip.php?article191&var_recherche=hypervivants
Nos vies gérées par les données, Hubert Guillaud http://www.internetactu.net/2010/05/26/nos-vies-gerees-par-les-donnees/

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