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Guy Brunet, réalisateur. Une exposition au Lieu Unique

Guy Brunet, The Self Made Man

Article proposé par Justine Massot, Mathurin Loncle, Melissa Lejal, Yannick Mary et Agathe Leray

Guy Brunet est un réalisateur autodidacte de films d’animation et décorateur de cinéma né en 1945 à Viviez, une commune de l’Aveyron. Né de parents exploitant un cinéma nommé Le Caméo et ensuite gérants du cinéma Le Plaza. L’enfance de Guy Brunet est baignée par les films de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, des années 1930 aux années 1960. Il se souvient : « Le week-end, il y avait jusqu’à trois séances pour un même film. A la première, je me laissais porter par l’intrigue, à la deuxième je regardais le jeu des vedettes et après, le travail du réalisateur ». De cette époque, Guy Brunet collectionne les dossiers avec photos et affiches que les exploitants reçoivent pour la promotion des films. En 1958, il seconde son père comme projectionniste. Mais la télévision remplace petit à petit le cinéma. En 1963, les parents de Guy Brunet vendent le cinéma pour ouvrir un magasin de téléviseurs. Ils l’incitent donc à faire partie de l’entreprise où il y travaillera pendant quelques temps. Alors qu’il commençait déjà à écrire des petits scénarios, de 1973 à 1986, il travaille comme ouvrier dans les usines du bassin minier de l’Aveyron. Puis installe son « studio de production » en 1994. Ce studio est fait dans sa maison à Viviez, dans une ancienne boucherie, sur une route nationale dans la banlieue de Decazeville. Il le nomme Paravision, en référence au studio Paramount. Pour marquer sa singularité, il constitue une grande fresque murale à la gloire du cinéma hollywoodien sur la façade de sa maison. S’inspirant du cinéma hollywoodien et grâce à la documentation accumulée pendant son enfance, Guy Brunet construit ses films tout seul et sans budget. Il est à la fois producteur, scénariste, dialoguiste, décorateur, costumier, maquilleur, acteur, cameraman, réalisateur et affichiste. Il écrit tout, le scénario, les scripts, les découpages des plans, les dialogues. Ensuite il fabrique les décors dans son atelier. Il crée ses acteurs avec du carton d’emballage, il les dessine, les peint et des découpes à sa guise. Son cinéma est fait uniquement de matériaux recyclés. Le jour, il élabore ses silhouettes de carton et les décors. Afin de ne pas être perturbé par les bruits de la rue, il tourne la nuit. Guy Brunet dessine le générique puis met le film dans une boîte décorée. En 2015, il aura créé plus de 793 silhouettes dont 171 acteurs américains et 151 actrices françaises, 25 grands décors, 100 affiches de films. Il a écrit 350 scénarios et réalisée 14 long-métrages. Son premier film est sorti en 2001, et en 2002 son œuvre est exposée pour la première fois au Musée international des arts modestes de Sète, ce qui fait de lui un artiste accompli et reconnu .

La démarche singulière de l’artiste

Article proposé par Emeline LOAS, Camille METAYER, Camille LE LUHANDRE, Soundousse MARONGIU , Philippine MASUREL

Guy Brunet devra attendre d’être à la retraite pour devenir ce qu’il a toujours souhaité être : cinéaste. Il va alors se replonger dans son enfance. N’ayant pas fait d’études de cinéma ni étudié aux Beaux-Arts, il crée chez lui sa propre maison de production qu’il nomme « Le Studio Paravision ». Au Lieu Unique, une grande fresque habille l’entrée de la salle d’exposition. Il s’agit de la réplique de la fresque murale peinte à l’extérieur de chez lui, présentant les différents genres du cinéma (westerns, comiques…). Cette porte spectaculaire marque une césure matérielle et symbolique entre le monde extérieur et le monde imaginaire du cinéma auquel il a tant aspiré et dans lequel il gravite aujourd’hui. Hollywood est pour lui la référence ultime. Son travail résulte des films découverts quand il était enfant. Depuis son enfance, Guy Brunet a écrit plus de 360 scénarii. Sans grands moyens financiers, il décide de confectionner lui-même ses propres acteurs à partir de carton. Au sein de ses studios « Paravision », Guy Brunet est donc à lui seul : cinéaste, réalisateur, caméraman, acteur, maquilleur ou encore affichiste. Lors de notre visite, nous avons pu constater à quel point cet artiste peut être prolifique.
Lors de cette visite, nous avons pu voir que la démarche de cet artiste que nous pouvons qualifier d’autodidacte, est inédite. Pour tous ses travaux, que ce soit la création de ses acteurs, le décor ou les affiches, tout est fait à partir de matériaux récupérés et recyclés qu’il collectionne méticuleusement au sein de l’atelier qu’il s’est créé à son domicile. En arpentant les allées de l’exposition, nous avons été frappés par la masse colossale de travail que représentent ses créations, notamment à la vue des dizaines de personnages en carton que Guy Brunet a façonné de ses mains. C’était à la fois très chargé et chaleureux, en raison de la multitude de couleurs utilisées par l’artiste pour personnaliser ses acteurs. Concernant sa série des huit âges d’or, nous pouvons dire qu’il les a réinterprétés. Par exemple, Guy Brunet ne supportait pas les histoires où les fins étaient malheureuses, c’est pourquoi il s’est permis de modifier la fin de certains films. Il a donc, par exemple, transformé « L’âge de la guerre » en « âge de l’héroïsme ».

L’exposition Guy Brunet, carton plein !

3-Gbrunetdécorimage.jpgArticle proposé par Hugo MICHEL, Jules LEROUGE, Jules LEMER, Pierre LE SCOUL, Nathan LEBORGNE

L’exposition du Lieu Unique présente les travaux de Guy Brunet, à la fois ses affiches, ses films, ses synopsis, ses acteurs mais aussi ses mises en scène, fresques, décors, photos et ses premiers travaux. On retiendra ici tout ce qui compose l’exposition en dehors de ses films.
Tout d’abord, à l’entrée de l’exposition, est présentée la réplique de la fresque peinte sur la façade de sa maison. Elle représente à la fois un avant-gout de son travail et une porte d’entrée vers son univers.
Guy Brunet réalise des films seul, à partir de personnages et de décors en carton. Il est important de souligner qu’il compose vraiment tout dans son studio, de la réalisation jusqu’à la communication. Ses films sont des « remakes » singuliers de films existants et ils sont créés dans sa maison qui est envahie par ses réalisations. Brunet pioche des bouts d’histoire pour créer ses propres scénarios. Ses personnages en carton représentent des acteurs, actrices ainsi que des réalisateurs et producteurs de son temps (il travaille essentiellement sur les films des années 30-50 et dit ne pas regarder les films d’après 1966). Ces silhouettes inanimées sont faites via des matériaux de récupération et mesurent tous environ 1m38 (par soucis techniques, pour qu’ils apparaissent en contre plongée dans le champ de la caméra) sauf ceux qui représentent des producteurs et des réalisateurs car Guy Brunet leur accorde une plus grande importance (faire l’inverse du cinéma qui prône les acteurs et oublie souvent ceux qui dirigent le film). On peut déjà constater l’esprit engagé de ce réalisateur atypique. Ils étaient, à ses débuts, peints de glycero mais il travaille maintenant à l’acrylique.
Pour ses affiches, il a un mode opératoire particulier qu’il respecte quasiment à chaque fois lors de ses compositions et qui fait de lui ce créateur singulier. En effet, toutes ses affiches de films sont réalisées au dos de vraies affiches du film en questions (ce qui renforce l’idée d’une réadaptation à sa manière). Bien qu’il garde les  grandes lignes et éléments des affiches à partir desquelles il travaille, il commence toujours par installer le lettrage, la typographie, avant de travailler l’image.

Le monde cinématographique d’un self-made man

4-GbrunetfilmsimageArticle proposé par Emma MELKI, Ebony LERANDY, Élise CUGNART, Maud MARICOURT, et Fanny MAILLARD.

Guy Brunet est un réalisateur autodidacte né en 1945. Baigné dans le monde du cinéma depuis son enfance, il se passionne pour les films hollywoodiens. Les aléas de la vie l’empêchent de réaliser son rêve de devenir réalisateur et c’est seulement à l’âge de la retraite qu’il y parvint enfin.
Dès 16 ans, Guy Brunet écrivait ses premiers scénarios dans lesquels il rendait hommage au cinéma de l’âge d’or hollywoodien. En 1994, il loue son premier studio qu’il nomme Paravision (contraction de paradis et vision) et où il réalisera l’exploit de tourner ses films seul dans un lieu restreint (l’industrie du cinéma nécessitant un grand nombre d’intervenants). En effet, faute de moyens, il ne peut se payer ni acteurs ni décors.
Grâce aux silhouettes en carton qu’il fabrique dans son atelier, il va alors recréer tous les protagonistes nécessaires à ses films : producteurs, réalisateurs, acteurs, maquilleurs… soit près de 800 silhouettes d’environ 1m40 de hauteur pour permettre la vue en contre-plongée lors des tournages et faciliter leur transport.
Guy Brunet crée son propre monde, joyeux et multicolore, où les fins sont toujours heureuses. Il s’inspire de la documentation accumulée depuis son enfance et revisite l’histoire du cinéma en décomposant et recomposant à sa manière les éléments de référence qu’il connaît et les archétypes du cinéma. Il crée également son propre casting pour chacun de ses films. On peut citer par exemple « Le monde magique des frères Lumière », un documentaire réalisé en 2012. Pour Guy Brunet, les frères Lumière sont des dieux  puisqu’ils ont créé la magie du cinéma. Le réalisateur a pour but à travers ce film de faire découvrir la richesse culturelle, les recherches, ainsi que la rêverie que les frères Lumière ont produit grâce à l’invention du cinéma.
Guy Brunet réalise un étrange travail de mémoire dans ses films ou par le biais des affiches qu’il reconstitue. Il redonne vie à une grande époque du cinéma par amour et nostalgie. On pourrait qualifier le travail de Brunet comme un art cinématographique singulier, qui nous trouble à une époque où notre génération est habituée aux films à gros budgets, saturés d’effets spéciaux et autres technologies modernes. Ses films, qui nous paraissent à première vue ternes et ennuyeux, révèlent en fait une richesse artistique brute et épurée.
Guy Brunet a créé son propre système d’expression et nous emmène avec lui dans son univers, poétique, simple, touchant, atypique…

La scénographie : « L’envers du décor »

5-GBrunetsscénographieimageArticle proposé par Ambre Lelabousse, Enzo Lemasson, Manon Leverrier, Steven Merlet

La scénographie réalisée pour l’exposition « Guy Brunet – réalisateur » au Lieu Unique à Nantes a été faite pour présenter Guy Brunet, ses créations plastiques et ses projets de cinéaste autodidacte. Et ce, comme si l’on était directement dans son atelier de Viviez. L’espace d’entrée en est d’ailleurs directement inspiré. Une forme d’arche, formant l’accès à l’exposition, est une copie sur toile de la fresque peinte sur la façade de sa « société de production ». Cela signale sa passion pour l’âge d’or du cinéma avec la représentation de figures emblématiques du Western, des comédies musicales ou d’autres genres cinématographiques comme le péplum.
Cette exposition laisse un sens de visite libre et non défini. Il n’y a aucun parcours induit entre les grandes cloisons de bois permettant le support d’un écran téléviseur et servant de cimaises aux œuvres de Guy Brunet.
Les affiches de film qu’il a réalisé parlent d’elles-mêmes, de façon explicite et n’ont ainsi nullement besoin d’un décor très soutenu pour que les visiteurs comprennent que ces créations empruntent à  l’âge d’or du cinéma.
Les cimaises en bois rappellent, elles aussi, l’univers du cinéma et plus précisément les différents éléments de décor installés dans les studios de production.
Hormis ces grandes cimaises, des tables d’expositions lumineuses, toujours en bois (rappelant l’aspect brut de l’arrière des décors hollywoodiens) présentent les cahiers, scénarios et premiers dessins de Brunet.
Cet aspect écru, brut peut aussi se rapprocher des conceptions des travaux plastiques de l’artiste : un travail simple, avec des matériaux de récupération qu’il ne cherche pas forcément à masquer.
Un second lieu, délimité par un tracé blanc au sol, livre une surface d’exposition sous forme d’estrades, de gradins, formant un escalier, telle une salle de projection, permettant la bonne visualisation des silhouettes en carton des acteurs, placés suivant une hiérarchisation de leur célébrité.
Dans le vaste hangar du Lieu Unique se trouve également une pièce, une « salle » de projection permettant la découverte des films de Guy Brunet. Cet endroit sombre équipé de sièges de salle de cinéma, rappelle encore une fois la passion de l’artiste pour l’univers du cinéma.
A l’inverse de cette pièce, le reste de l’exposition est éclairé, de façon artificielle par des projecteurs de lumières jaunes ou des spots lumineux avec des filtres, le tout adoucissant ainsi la luminosité pour une visite plus agréable et une bonne protection des dessins. On peut d’ailleurs retenir que les supports lumineux utilisés évoquent également l’univers des studios de tournage. Seuls certains éclairages sont plus intenses pour une meilleure visibilité.

Passion Brute

6-GbrunetArtbrutartsingulierArticle proposé par Gwendolie Le Roux, Pauline Leriche, Morgane Lepotier, Ninon Manciaux, Océane Lebreton

On peut définir l’art brut comme étant une pratique artistique hors norme. C’est un art qui ne découle pas d’un autre mouvement, d’une mode ou du domaine du classique. Le terme « art brut » fut défini par Jean Dubuffet en 1945, le créateur de ce concept. Le terme brut est une qualification que l’on donne à des artistes autodidactes et indemnes de culture artistique, ce sont donc des artistes qui produisent des œuvres qui sortent du contexte habituel de l’art, car leurs impulsions artistiques découlent de leur propre imagination. Souvent, ils ne cherchent pas à s’inscrire dans un mouvement en particulier. L’art singulier, lui, est lié à l’art Brut, c’est un mouvement artistique en marge établissant une distance avec l’art officiel.
Le travail de Guy Brunet est originale et atypique. Ses réalisations nous ont paru en marge des expositions que nous avions pu voir auparavant. Guy Brunet est un artiste qui utilise des matériaux de récupération, comme par exemple le dos de bannières Intermarché ou d’affiches de films venant du cinéma que ses parents tenaient. Il utilise le carton, une matière essentielle dans laquelle il réalise ses silhouettes d’acteurs. Il les recouvre de peinture Glycéro ou acrylique. Sa patte artistique est forte et reconnaissable.
Passionné de cinéma, il rend hommage à l’âge d’or du cinéma hollywoodien en peignant dans un premier temps, des affiches traitant tout genre de films existants (du western à la comédie musicale). Puis dans un second temps, il produira des affiches pour ses propres films. Guy transforme ce qu’il voit, il ne copie pas les affiches existantes, mais s’inspire, sélectionne, « pioche », choisit, ce qui l’intéresse, pour ensuite en faire ce qu’il désire. C’est en cela que l’on peut dire que son art est atypique et très personnel. Il refuse de s’enfermer dans un style en particulier car il se définit avant tout comme cinéaste, réalisateur et producteur de ses propres films. Cet univers le passionne, il s’est d’ailleurs fait connaitre au festival « hors champ » pour son coté atypique.
Guy ne se définit pas lui-même, mais n’ayant pas reçu d’enseignement artistique ou cinématographique, c’est une des caractéristiques qui permet aux critiques et musées de le classer dans la catégorie de l’art brut. Certains considèrent qu’il est dans l’art modeste, d’autres dans l’art singulier, lui préfère laisser le soin aux dirigeants des musées de le placer selon leur point de vue. Il  livre néanmoins qu’il préfère que son  travail soit qualifié d’art brut. C’est aussi pour cela que ses œuvres sont achetées et placées dans des collections d’art brut (comme au musée Lausanne).
Le travail de recherche et de création de Guy Brunet pourrait s’inscrire dans l’art brut car il en possède toutes les caractéristiques, mais Guy dit lui-même « Pour vous dire que mon art est l’art cinématographique. Je me suis placé dans cet art qui m’appartient,… ». Il puise simplement dans son imagination et fait de sa passion des œuvres en marge du domaine classique et habituel.

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