Intervention au MIPIM le 14 mars 2018 : mettre en mouvement les acteurs par le design

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L’Ecole de design était présente au MIPIM à Cannes à l’invitation de la SAMOA et en collaboration avec la ville de Liège pour présenter les travaux, la méthode et l’intérêt d’une démarche de recherche en design telle que utilisée sur le quartier démonstrateur Smart city. Quelques éléments de partage de la présentation (retranscrite ici en style « oral »)… et de questionnements.
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Dans le contexte que vient de vous exposer la SAMOA, le grand projet de l’Ile de Nantes et du Quartier Démonstrateur Smart city, se pose automatiquement la question de mettre en mouvement les acteurs.
En effet, le numérique, parce qu’il est sans frontières, parce qu’il y a cette notion d’interopérabilité ou d’open data, permet de relier (en théorie) un lampadaire au citoyen, en passant par des services techniques…
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Rôle d’un design lab ouvert sur la ville

Notre rôle en tant que design lab Ville durable de l’Ecole de design Nantes Atlantique est de (avec une dimension de recherche) :
  • déterminer comment le design peut outiller ces nouvelles synergies qui vont se créer.
  • de travailler en « mode réel » grâce à un partenariat qui nous lie avec la SAMOA et la Ville de Nantes, qui est un des facteurs essentiels de l’attractivité de notre école (plus de 10 nationalités cohabitent au design lab) : une école ouverte sur la ville.
Nous travaillons ainsi sur les nombreux projets du quartier démonstrateur qui sont portés par des entreprises qui visent à expérimenter en mode réel de nouvelles potentialités d’usage (démarche city lab, living lab).
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Les projets d’expérimentation du Quartier démonstrateur City lab
La vraie question est : comment  relier la technologie aux usages ou les technologies entre elles. Comment donner du sens ? Le design permet de passer de la logique technicisée du comment au pourquoi.

Une logique de collaboration par le design

De manière quasiment idéologique, depuis ses origines avec William Morris, le design vise à cette « harmonisation de l’environnement humain », à travailler sur une technologie et à en déterminer de nouveaux usages.
Je vais citer un exemple très simple : la société Charrier met au point un revêtement de sol photovoltaïque pour produire de l’énergie. On sait aujourd’hui parfaitement comment réutiliser cette énergie dans un circuit court (street grid)… mais Charrier vient aussi poser la question de nouveaux usages qui pourraient être adossés à cette technologie.
L’enjeu est aujourd’hui de relier, de mettre en mouvement les parties prenantes pour avancer sur les nouvelles potentialités offertes par le numérique, qui amène un nouveau dialogue avec les acteurs pour déterminer les potentialités d’usages sur des voiries de moins en moins monofonctionnelles.
Le design est ce qui permet, à travers la démarche connue sur le nom de design thinking, de relier les capteurs et les dispositifs à l’usage. Comment ? quelles étapes ?
Les étapes de l’idéation permettent de relier les acteurs. Il est très intéressant de mettre autour d’une table des JC DECAUX, ENEDIS, CHARRIER… mais aussi des usagers ou des universitaires dans des logiques de collaboration et d’idéation.  C’est ce que nous avons fait dans le cadre d’ateliers organisés récemment qui permettent une mise en mouvement des acteurs.
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L’ouverture des données, préalable indispensable

Cette collaboration passe par la création d’un langage commun autour des données. Il s’agit de les ouvrir, de créer un langage commun pour les rendre facilement interopérables et interprétables, et tirer profit de leurs potentialités d’usage. Je ne reviendrai pas sur des travaux de la chaire qui ont montré que l’on peut faire beaucoup avec peu : le déluge des données et la chasse aux données personnelles ne servent que peu la compréhension de la ville et que les croisements de données environnementales suite à une réelle stratégie de la donnée peuvent largement aider à la compréhension fine de la ville. Les enjeux d’ouverture, croisement, représentation et partage de données d’intérêt général sont capitaux.
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Travaux issus de la chaire environnements connectés

Des outils pour passer de la donnée à l’usage

Enfin des outils de création de scénarios et d’inférence permettent de travailler ensemble dans une logique de frugalité des données. Des données de son combinées à des fréquences de passage peuvent largement aider à caractériser l’activité autour d’un équipement. Nous travaillons par exemple également sur un projet d’indicateurs de bien être (en combinant pollution, activités sportives, bruit, nature en ville). Nous relions ici universitaires, service de santé de la ville, aménageurs, étudiants…
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Outils d’inférence expérimentés dans le cadre d’un atelier « data environnementales » réunissant universitaires, acteurs de la ville, étudiants usagers potentiels du site.
Mais le design (on ne le répètera jamais assez) ne se résume pas à une simple affaire de post it.

Une logique de prototypage et d’expérimentation

Enfin, vient l’étape du maquettage avant le passage à l’échelle 1. Le maquettage, c’est un outil de médiation qui met en mouvement les acteurs, en particulier les usagers potentiels pour expliciter mieux les dispositifs, et faire de possibles modifications.
Ils permettent  de comprendre et d’interagir sur les enjeux. De poser des questions qui renvoient à des problématiques juridiques ou de compréhension des dispositifs par l’usager car la ville numérique parle peut-être un nouveau langage…
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Eléments de maquettage et tests
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et de questionnements… 
Enfin, l’aboutissement est celui de l’expérimentation échelle 1 avec la levée des obstacles juridiques, une temporalité limitée, des indicateurs et des évaluations à la fois sur des temps bien ciblés (indiqués par des captations répétitives) et des temps plus longs avant des déploiements à l’échelle de la ville.
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Prototypage de dispositifs de signalétique à échelle 1 sur la ville de Pornic (janvier 2018)
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Nous ne savons pas aujourd’hui si nous avons des solutions – nous sommes dans une démarche de recherche – mais il est évident que cette démarche qui s’inspire de celle de « confiance by design »  énoncée par  Jacques Priol dans son livre le Big Data des territoires est indispensable pour engager tous les acteurs dans une démarche concertée autour du « faire », du réel, qui impose aussi de nouvelles collaborations et bouscule ainsi le traditionnel jeu des acteurs.
Le point toujours insuffisamment investigué de la collaboration avec des usagers « réels » / « choisis » sera au coeur également d’une réflexion menée avec la SAMOA dans le cadre du quartier démonstrateur et sans doute partagée à l’échelle de la ville de Liège dans de futurs échanges.

 

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