MIDIR : un capteur de données pour expérimenter

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Valentin Gauffre, designer d’interactivité, CEO de XLII Factory et Alumni de L’École de design Nantes Atlantique, a mis au point MIDIR, un capteur de données servant aux expérimentations de la chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI. Avec Florent Orsoni, directeur de la chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI, ils reviennent sur la spécificité et l’intérêt de cette création.

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Qu’est-ce que MIDIR ?

Valentin Gauffre : MIDIR est une plateforme open source pour l’environnement connecté. Porté par le laboratoire Arts & Technologie de Stéréolux (Nantes, France) et issu d’un premier projet nommé Sensorbox, MIDIR (du nom du Dieu Celte de l’Education) est une solution numérique ouverte  pour accélérer et faciliter le prototypage d’environnements connectés. MIDIR a largement été développé et continue à être mis au point dans le cadre de la chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI.

Chaque MIDIR mesure :

  • la température,
  • l’humidité,
  • la pression sonore,
  • la luminosité,
  • la proximité / le passage

Les capteurs MIDIR peuvent être assemblés entièrement à partir de modules disponibles dans le commerce et constituent la base de la captation des données des expérimentations de la chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI.

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Quel est l’intérêt de MIDIR dans le cadre de la chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI ?

Florent Orsoni : Dès le départ, la question se posait de réussir à remonter nos propres données et à instrumenter des espaces. La chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI a fait appel à XLII Factory, start up issue de L’École de design Nantes Atlantique, incubée à l’École des Mines, qui associe entre autres deux compétences : designer et ingénieur. Valentin a notamment aidé à fonder le hackerspace de Xin Che Jian à Shanghai et connaît ainsi particulièrement la culture OPEN source indispensable. MIDIR est l’infrastructure de base de la chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI, elle permet de réaliser de nombreuses expérimentations. Elle permet notamment aux étudiants de comprendre et d’expérimenter en temps réel les questions autour de données qui ne sont plus abstraites mais bien réelles.

L’avantage de MIDIR est la facilité d’emploi et son extrême fiabilité : on peut faire facilement remonter les données sur Thingspeak et disposer de jeux de données très bien paramétrés, et ensuite travailler sur des représentations graphiques, d’effectuer des croisements de données et des observations.

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Données remontées à partir de Thingspeak

Nous développons actuellement une solution applicative qui permet de représenter facilement les données avec l’aide de notre designer intégré, Quentin le Roux.

Interface graphique actuellement développée dans le cadre de la chaire permettant une représentation automatisée des données

Interface graphique actuellement développée dans le cadre de la chaire permettant une représentation automatisée des données

MIDIR permet de comprendre quelques enjeux qui n’apparaissent qu’à travers l’expérimentation : comment placer les capteurs pour avoir une donnée qualifiée (ce n’est pas si simple…), qu’est-ce qu’une donnée réellement « anonyme » (là aussi ce n’est pas si simple), quelles réactions des usagers des espaces face à ces capteurs ? Nous disposons d’un outil pédagogique dont les étudiants vont pouvoir s’emparer au mois d’avril pour mieux comprendre les enjeux (notamment les questions éthiques), les potentiels et développer une vraie méthodologie autour de la donnée sans être un spécialiste des Data, avec des outils simples et une méthode claire. Nous pensons à terme que les architectes d’intérieur ou les designers d’espaces devront travailler avec des données qui seront une vraie source pour les guider vers une amélioration de la qualité des espaces. Nous établissons également qu’il est impératif d’avoir une dimension « sciences humaines » pour mieux qualifier la donnée.

Et pour aller plus loin ?

Valentin Gauffre et Florent Orsoni : Le croisement de données de température, de bruit, de luminosité et de présence permet de mesurer si la présence dans un endroit est reliée à la quantité de lumière, à la température, au son. En un mot, nous commençons à mesurer si l’utilisation d’un espace peut être corrélée à des facteurs de luminosité, de température ou de bruit. Nous déployons en ce moment de manière expérimentale les capteurs MIDIR à la Centrale des artisans coiffeurs, sur le site du  Design Lab Ville durable à L’École de design Nantes Atlantique, ainsi que sur les espaces d’accueil de la Ville de Saint-Nazaire, ce qui nous permet de multiplier les observations et corrélations, de faire des tests.

Sur un plan de recherche, MIDIR est également utilisé dans le cadre d’un appel à projet recherche Formation Innovation de la Région des Pays de la Loire sur la lumière, mené en totale collaboration avec le GRANEM. Nous allons essayer de mesurer grâce à MIDIR les effets de la lumière sur l’occupation des espaces et les premiers résultats sont très encourageants.

A terme, nous pensons qu’il pourra être intéressant d’établir des protocoles (allier notamment des entretiens qualitatifs et des données quantitatives) pour mieux comprendre l’utilisation des espaces (comment les espaces sont utilisés et pourquoi) ? Les capacités de gestion et de captation des données permettront sans doute de mieux mesurer l’efficacité et peut-être la qualité de certains aménagements.

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