Bol d’air : un projet de Floriane Massé

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La qualité de l’air extérieur est un sujet qui préoccupe de plus en plus les citoyens. Pourtant, les informations à ce sujet sont rarement lisibles et compréhensibles par tout un chacun. Floriane Massé, étudiante en deuxième année de cycle master Ville durable à l’École de design Nantes Atlantique, a donc imaginé « Bol d’air », un dispositif connecté et communicant pour son Projet de Fin d’Études. Retours sur ce projet.

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– La qualité de l’air extérieur : un sujet de plus en plus préoccupant

La qualité de l’air extérieur a des répercussions au niveau écologique, sanitaire ou encore économique. On estime qu’aujourd’hui, en France 3,5 millions de personnes sont asthmatiques. 7 millions de décès par an dans le monde sont causés par la pollution de l’air extérieur. La mauvaise qualité de l’air extérieur coûte 20 à 30 milliards d’euros à la société française (hospitalisations, consultations, décès, achats de médicaments, etc.).

Ce sujet est une préoccupation majeure des Français, puisqu’à la question « Parmi les problèmes suivants liés à la dégradation de l’environnement, quels sont ceux qui vous paraissent les plus préoccupants ? », ils ont désigné à 42% la pollution de l’air, devant les changements climatiques et les catastrophes naturelles. Au niveau local, il faut noter que 80% des Ligériens estiment que la pollution de l’air extérieur présente un niveau de risque « très » ou « plutôt » élevé pour la santé des Français, et ils sont 90 % à estimer que la pollution de l’air extérieur s’aggrave.

– Des acteurs multiples

Aujourd’hui, nombreux sont les acteurs à graviter autour de la qualité de l’air extérieur. Le Ministère de l’écologie, les laboratoires de surveillance, les associations agréées, les collectivités locales ou encore les citoyens agissent aujourd’hui pour informer ou améliorer la qualité de l’air extérieur. Quelle place peut donc prendre le designer dans ce processus ? Selon Floriane Massé, le designer va contribuer à faire le lien entre ces différents acteurs, il peut rendre les informations visibles et lisibles, il peut sensibiliser les individus à la qualité de l’air extérieur, il utilise différents modes de représentations, il tient compte des besoins et habitudes des usagers. Floriane a donc choisi d’axer son projet autour de cette question : comment proposer une tangibilité et une lisibilité des informations liées à la qualité de l’air extérieur ?

– Les moyens d’information existants

Floriane a recensé les différents moyens de s’informer aujourd’hui sur la qualité de l’air extérieur. Parmi ceux-ci, l’association Air Parif propose, par exemple un ballon ou encore des écrans d’affichage placés dans la capitale. A Clermond-Ferrand, ce sont des bornes qui servent d’indicateurs sur la qualité de l’air de l’agglomération. Des sites Internet et des applications mobiles permettent également de s’informer. Citons, entre autres, l’application Plume ou encore le site Air Pays de la Loire. A Nantes, la municipalité a également mis en place des affichettes présentant le comportement à adopter en cas d’alerte à la pollution atmosphérique. Mais tous ces médias d’information ne sont pas toujours bien lisibles par tous les citoyens.

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– Le projet « Bol d’air »

Floriane Massé a donc imaginé un mobilier urbain connecté et communicant intitulé « Bol d’air ». Bol d’air propose de donner une lisibilité de la qualité de l’air extérieur, en temps réel, accessible à tous en différents lieux et qui soit une alternative aux écrans. Cet objet permet d’attirer l’attention et d’informer les usagers. Ces derniers peuvent ensuite s’approprier ces informations et faire évoluer leurs comportements. Floriane a choisi d’implanter son projet à différents points stratégiques de l’agglomération nantaise, pouvant ainsi permettre le développement d’une gamme en fonction de l’emplacement choisi. Les places piétonnes en centre-ville présentent des avantages certains : elles sont attrayantes et elles permettent de pouvoir tourner autour de l’objet. Ce dernier peut alors prendre la forme d’une sphère posée sur un potelet et sur laquelle seraient inscrits le nom des principaux polluants. Des rubans LED posés sur les potelets permettraient de rendre compte du niveau de présence dans l’atmosphère de chacun des polluants.

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Dans les quartiers périphériques, Bol d’air pourrait être installé sur le trajet et être intégré au mobilier urbain. La sphère serait alors remplacée par un disque dont la surface opacifiante permettrait de projeter des informations, comme l’indice de la qualité de l’air extérieur sous la forme d’un chiffre. On retrouverait également le système de LED pour indiquer le niveau de chacun des polluants.

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Bol d’air pourrait aussi se décliner sous la forme d’enseigne, accolée par exemple à celle des pharmacies. Le mobilier présenterait les mêmes caractéristiques que dans le cas précédent.

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– Une application mobile pour apporter un complément d’informations

Bol d’air s’accompagne d’une application mobile qui permettrait d’apporter un complément d’informations. Grâce à un QR code présent sur le mobilier, l’utilisateur pourrait alors accéder à d’autres niveaux d’informations, comme les caractéristiques du polluant et ses conséquences sur la santé ou encore la carte montrant l’emplacement des différentes bornes Bol d’air. Floriane Massé a également imaginé que cette application puisse permettre d’engendrer un changement de comportement grâce à un système de récolte de points. L’utilisateur se fixe ainsi des défis, comme prendre les transports en commun au lieu de la voiture, correspondant chacun à un nombre de points déterminé. L’objectif étant d’obtenir le plus de points possible.

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Avec Bol d’air, Floriane Massé permet de rendre plus lisible la qualité de l’air extérieur. Grâce à l’apparence ludique de l’information, elle contourne l’aspect moralisateur et anxiogène pour amener à une prise de conscience et à un changement de comportement.

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