La smart city vue par David Assou

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David Assou est un ancien officier supérieur de l’armée de terre, formateur en tactique et management auprès des officiers. Il a ensuite choisi de mettre son expertise de tacticien au service de la fabrique de la ville et des opportunités offertes par la notion de smart city. Pour son MBA à Audencia Business School, David Assou a choisi de consacrer ses recherches doctorales aux perspectives offertes par la Ville intelligente pour Nantes Métropole. Il nous expose ici son point de vue de chercheur et praticien sur la smart city.

 

David Assou

David Assou

– Vous avez rédigé une thèse mettant en lumière les perspectives offertes par les environnements connectés pour les collectivité Pourquoi vous êtes-vous intéressé à ce sujet ?

J’ai un parcours professionnel atypique et pluridisciplinaire qui m’a amené à m’intéresser aux problématiques de la ville intelligente qui se développent actuellement beaucoup en France. Dans le cadre d’une transition professionnelle, effectuant un MBA à Audencia Business School, j’ai profité d’une opportunité pour effectuer un stage chez Schneider Electric France, spécialiste de la maitrise de l’énergie. Mon sujet de thèse fut le suivant : « Ville intelligente : perspectives pour Nantes métropole ». Ces travaux m’ont donné l’occasion d’alterner le « théorique » et le « terrain » et surtout de travailler dans une approche systémique. J’ai surtout mis en avant les questions de stratégie et de gouvernance se posant aujourd’hui pour les acteurs de la ville au regard des enjeux (urbanisation, environnement, optimisation des ressources…) que le numérique vient percuter de plein fouet (modèles économiques, nouveaux services, question de la donnée, internet des objets…).

– Existe-t-il un modèle de ville intelligente ? 

Les approches varient selon les pays, les cultures. En France, on voit plutôt se développer la prise en compte des bonnes pratiques plutôt qu’un modèle unique. Chaque territoire a son identité. Les métropoles n’ont pas les mêmes problématiques, ni les mêmes stratégies d’attractivité. Nice n’a pas la même stratégie que Lyon,  ou que Paris. Toutefois, les technologies et outils sont les mêmes, à savoir les réseaux et infrastructures numériques (fixes, mobiles, objets connectés…). Ce qui va faire la différence, ce sont les usages innovants ou les projets collaboratifs qui vont créer de nouveaux services.

La stratégie française est la suivante : l’Institut de la Ville Durable (IVD)-Vivapolis met actuellement en place une plateforme qui sera dédiée à l’identification et aux échanges de bonnes pratiques sur les territoires. Ceci permettra aux acteurs publics et privés d’avoir une vision d’ensemble des pratiques relatives à la ville intelligente. Par la suite, des consortiums pourront vendre ou proposer ces savoir-faire à l’internationale. C’est ce qui va se passer avec l’Inde par exemple.

Ce qu’on peut dire, c’est que tout va très vite : des projets comme la King Abduhlla Economic City (KAEC) en Arabie Saoudite bouleversent les modèles traditionnels de conception urbanistique de la ville. Plus près de chez nous, géographiquement, des villes comme Hambourg, Barcelone ou Genève développent des stratégies de ville intelligente.

– Comment cette approche de ville intelligente redessine les rapports collectivités/ entreprises ?

Une des vulnérabilités des collectivités et entreprises françaises, dans un monde largement ouvert et connecté, repose sur la difficulté à sortir des logiques organisationnelles verticales.

Or, les enjeux précités et le concept de ville intelligente consistent à avoir une approche systémique de la ville, des activités des individus et des services. Tout cela est très complexe et ne peut être pris en compte par une organisation seule, qu’elle soit publique ou privée.

Pour cette raison, il faut apprendre ou réapprendre, malgré les intérêts souvent divergents, à travailler de façon collaborative. Il s’agit de mêler les parties prenantes provenant de structures et organisations différentes sur des projets collaboratifs complexes et innovants. C’est en m’apercevant de cet enjeu que j’ai décidé, en tant que consultant indépendant, d’aider les entreprises et les collectivités à concevoir des stratégies cohérentes et surtout à coordonner les projets s’y rapportant.

Par exemple, la stratégie ville intelligente 2020 de Paris cherche à promouvoir une forme de transversalité dans les services de la mairie mais aussi un travail collaboratif de ces services avec les acteurs privés sur des thématiques à forts enjeux (mobilité, économie circulaire, énergie…). La collectivité joue alors son rôle de prescription et surtout de facilitatrice et d’animatrice.

– Qu’apporte la chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI à vos travaux ?

La chaire environnements connectés, qui encourage le travail en réseau autour de thématiques à forts enjeux (smart grid, data,…), permet la réflexion, le croisement et l’expérimentation autour de projets innovants. Les apports du designer sont nombreux : il peut être un concepteur mais surtout un coordinateur de projet. Il peut et doit, selon moi, intervenir du début jusqu’à la fin du projet ce qui garantira sa cohérence. Ceci implique donc des compétences fortes en management et ingénierie collaborative. Il sera également de plus en plus indispensable de faire appel au designer dans le cadre de l’élaboration des stratégies de ville intelligente. Par ailleurs, le design est une des seules disciplines qui peut légitimement explorer et optimiser les parcours d’usage qui représentent la pierre angulaire de la ville intelligente.

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