C. Moreno : la smart city en questions

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A l’occasion du premier anniversaire de la chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI, Carlos Moreno est venu apporter son regard d’expert et son point de vue international sur les questionnements que soulèvent les Smart Cities.

Que faut-il en retenir ? Par Florent Orsoni, directeur de la chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI

Carlos Moreno - Conférence "Smart la ville : la vie en mode connecté" - 25 juin 2015

Carlos Moreno – Conférence « Smart la ville : la vie en mode connecté » – 25 juin 2015

La smart city est aujourd’hui une réalité en œuvre dans de nombreuses villes à travers la planète. Elle provoque des attentes importantes mais aussi de nombreuses craintes et réticences.

Le 25 juin 2015, Carlos Moreno nous a présenté son point de vue d’expert avec un regard international et a permis de cadrer un certain nombre de concepts, voire d’orienter des expérimentations de la chaire. Si il a mis en lumière les enjeux, résultats et controverses soulevés par les smart cities ici et ailleurs : opportunité économique et industrielle, nouveaux modes de production et d’innovation, modes de vie, libertés individuelles et collectives, gouvernance… Nous proposons ici quelques points clés.

– La ville vivante, un concept recouvrant des réalités multiples

La ville est en train de muter : le XXI siècle est le siècle des villes dont certaines produisent plus de richesses que des pays. Il faut également noter que 10% de la population mondiale vit dans 35 villes. Cependant, cette croissance a parfois un prix. La ville peut être considérée comme un organisme complexe, une sorte d’organisme vivant qui connait parfois des « désordres métaboliques ». Il y a quelques marqueurs de ces désordres : développement urbain exponentiel, embouteillages, pollution…

La notion de smart city, apparue à la suite du programme de SMARTER PLANET chez IBM, a tendance à uniformiser une réalité différente, qui obéit à des modèles différents. La ville est un lieu socio territorial de partages. Ce qui compte ce n’est pas un modèle à plaquer, mais la capacité du citoyen à s’approprier la ville, à s’identifier au territoire à créer. La ville intelligente, c’est avant tout la capacité à créer de «l’intelligence émotionnelle».

– Basculement des modèles économiques

Il s’agit donc de dépasser le concept de smart city, qui a tendance à figer les choses, pour aborder la notion de ville vivante. Cette ville vivante doit comprendre une vision globale articulant des enjeux sociaux (inclusion sociale), culturels, écologiques. A cet égard, les modèles économiques sont en train de basculer. C’est aussi la demande et l’exigence du temps réel et de la personnalisation.

Pour réussir cette transition urbaine, il faut travailler sur les usages, sur le « temps réel » qui permet d’optimiser les services. Uber, AirBNB sont des exemples frappants où ce qui est valorisé ce n’est pas tant le capital ou le nombre de voitures, hôtels, qui détermine la richesse de l’entreprise, mais plutôt la connaissance.

– Design de services

Travailler sur la question des environnements connectés, c’est donc trouver le moyen de relier la technologie et les usages par le design de services. Il faut quitter l’approche du hackathon (performance) pour rentrer dans la démarche de living lab (développement de la appstitude). La vraie valeur ajoutée réside dans la connaissance des usages. Il n’y a pas de modèles de ville intelligente mais des usages à observer, des réalités complexes à couvrir.

Dans une certaine mesure, le design organise la rencontre de l’espace, de l’objet. Il organise la rencontre du projet avec l’individu, il est faiseur d’urbanité. La smart city est aujourd’hui une fiction qui n’a pas rencontré l’usager. L’urbanité c’est la question des frictions, des frottements, de la compréhension et la création d’un langage commun. Le design n’est pas seulement la promesse de nouveaux services pour une ville en temps réel, il faut vraiment se centrer sur l’usager.

– Influence sur l’ordre spatial : de nouveaux modèles urbains ?

L’une des figures de ces nouveaux modèles urbains plus souples et plus flexibles est le développement des tiers lieux ou d’espaces de co-working qui conjuguent inclusion sociale (développement de start up), rénovation urbaine et technologique permettant d’optimiser cette demande, voire une certaine «démobilité». Ces lieux de production pourraient être emblématiques de l’émergence de la ville polycentrique.

Ces réflexions nous ont donné à réfléchir sur l’expérimentation à mettre en place sur un nouveau lieu de production que la SAMOA – Cluster quartier de la création nous propose d’instrumenter : La Centrale des artisans coiffeurs.

Intégralité de la conférence :

 

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