Le Hackathon La Centrale par ceux qui le font

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La chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI est partenaire du Hackathon La Centrale avec le Cluster Quartier de la Création et Stereolux. Centré autour des nouveaux dispositifs urbains connectés, ce workshop réunit à la fois des étudiants de l’École de design Nantes Atlantique mais aussi des membres de la communauté créative. L’occasion de revenir sur cet événement en interrogeant les différents acteurs associés.

Le Hackathon La Centrale rassemble différents participants issus de la communauté créative

Le Hackathon La Centrale rassemble différents participants issus de la communauté créative

– En quoi consiste le Hackathon la Centrale ? Pourquoi avoir fait appel à la chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI ?

Lionel Pouget, responsable communication du Cluster Quartier de la Création de la SAMOA :

La SAMOA, dans son offre, propose du mobilier d’activité par le biais d’utilisation de parcelles foncières. Nous faisons l’acquisition de friches que nous convertissons en bureaux dédiés aux entreprises créatives pendant plusieurs années, ce qui permet à la fois de redonner vie au site et de répondre à une demande très importante sur l’agglomération, en attendant le projet définitif.

Dans cette optique, nous venons de faire l’acquisition de la Centrale des Artisans Coiffeurs qui sera convertie en un hôtel d’entreprises ciblé médias, transmédias et images. Le lieu devrait ouvrir au printemps prochain et accueillir une cinquantaine d’entreprises. Avant cette ouverture au public, nous avons quelques travaux de rafraichissement à effectuer et nous avons souhaité profiter de cette occasion pour faire des expérimentations autour de problématiques qui nous préoccupent de manière générale sur notre mobilier d’activité. Elles concernent plus particulièrement les questions de communication, de signalétique, d’accès et de lumière.

On a souhaité utiliser le principe du hackathon de manière à ne pas réaliser un workshop qui soit uniquement dans l’idéation. L’idée est de confronter les participants à des objets existants dans l’optique de les détourner. Pour ce faire nous avons noué trois partenariats avec des industriels qui nous mettent à dispositions des échantillons ou des produits existants, avec une seule contrainte, celle de pouvoir les détourner de leur fonction initiale pour inventer de nouveaux services ou produits innovants. On aborde ce workshop avec des notions de reproductibilité ou d’échelle. Notre volonté est de tester ces réalisations in vivo et, si elles fonctionnent, de les faire évoluer ou de les étendre à d’autres sites. Nous sommes donc dans une approche de city lab.

La chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI fait partie du comité de pilotage de la communauté créative « Ville créative durable et connectée », au même titre que Stereolux, partenaire de ce workshop. C’est donc tout naturellement que nous avons voulu co-produire cette expérimentation. La plus value offerte par les environnements connectés est de réfléchir les dispositifs d’expérimentation comme des dispositifs ouverts et interopérables.

Détourner des dispositifs de leur fonction initiale

Détourner des dispositifs de leur fonction initiale

– Quel est votre rôle au sein du Hackathon ? Comment envisagez-vous le rapport entre l’espace et les environnements connectés ? 

Valentin Gauffre, fondateur de XLII factory, et Cédric Mivielle, doctorant, alumnis de L’École de design Nantes Atlantique, animateurs du Hackathon :

Cédric Mivielle :

Notre rôle est double : l’animation du workshop, d’une part, et l’apport d’une expertise technique, d’autre part. Pour cette animation, nous nous appuyons sur l’outil TransPoz développé au sein de la chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI. Cet outil a trois objectifs : aider à la communication, aider à la prise de décision et apporter une certaine forme d’expertise technique, un catalogue de solutions. Nous sommes ici dans une itération, c’est une façon de tester cet outil, d’avoir des retours en vue de l’améliorer.

Valentin Gauffre :

Pour ma part, je suis un peu moins spécialisé sur les outils, plus sur l’expertise technique. Je fais le lien entre le design et l’ingénierie. Je travaille à l’enrichissement des connaissances du designer sur l’expertise technique, que j’ai acquise grâce à mon expérience professionnelle. Il faut que les concepts développés ne soient pas trop prospectifs mais plutôt applicatifs, car les procédés doivent être testés par la suite.

Pour ce qui est du lien entre l’espace et les environnements connectés, je dirais qu’il s’agit d’une transposition des méthodes agiles qui viennent du numérique dans le bâti. Dans tout ce qui est développement informatique il y a une façon de faire, des itérations très compliquées à mettre en oeuvre dans le domaine du bâti. Ce genre de workshop où l’on peut faire des itérations permet ensuite d’ouvrir la porte à une éventuelle V2. Les environnements connectés c’est donc plus que de mettre de la technologie dans le bâtiment, c’est s’inspirer de la technologie pour concevoir de manière différente.

Le hackathon : un outil de la recherche par le design

Le hackathon : un outil de la recherche par le design

– Quel est l’intérêt de ce hackathon pour la recherche ?

Hilda Zara, chercheuse en « social sustainability studies », Jocelyne Le Boeuf, directrice recherche et valorisation des Design Lab, et Florent Orsoni, directeur de la chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI

L’atelier « Centrale des artisans coiffeurs » permet de poser plusieurs questions à l’échelle des environnements connectés et est la première expérimentation échelle 1 réalisée par la Chaire. Il s’agit aussi pour nous d’observer et de faire évoluer la méthode TransPoz avec des designers qui ne sont pas du métier de l’interactivité mais designers espace et produit. La question posée ici intéresse directement la recherche autour du design urbain ou de la mutation du cadre bâti : il s’agit d’analyser la plus value des environnements connectés dans un espace où doit dominer la question de la flexibilité et de la temporalité des espaces et des usages. Le hackathon est un format particulier qui fait partie de la panoplie de la recherche par le design. Il s’appuie sur un certain type d’outils avec des résultats qui doivent ensuite être réinscrits dans une réflexion plus large sur les pistes de services et usages qui peuvent émerger. La recherche par le design suppose un processus iteratif et une méthode inductive. Dans ce contexte, faire appel aux sciences humaines permet de travailler avec les designers à la mise en place de protocoles permettant de  mener avec eux une réflexion sur les pistes de recherche offertes par les expériences de terrain.

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