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Design et Usagers

Dans les grands récits du design moderne, l’usager est celui qui bénéficie de l’expertise et des savoir-faire des hommes de l’art engagés à satisfaire le bien-être du plus grand nombre. A partir des années 50 des chartes ou codes d’éthique professionnelle du design apparaissent, qui définissent des règles de responsabilité vis-à-vis de la collectivité. Il faudrait se pencher plus précisément sur chacun des contextes pour apporter les indispensables nuances qui reflètent les débats éthiques de l’époque.

La figure émergente de l’usager consumériste se retrouve au cœur de recherches et débats critiques, aux croisements des sciences humaines et sociales, du design, du marketing et des sciences et techniques. Cette période a largement porté la question des postulats anthropologiques, des idéologies et des mythes définissant les modèles et représentations de l’usager/consommateur dans le contexte du développement de la consommation de masse. Dans les années post-68 apparaissent des mouvements de design participatif marqués par de forts engagements idéologiques. Parallèlement l’informatique, avec son extension aux objets et aux espaces dans le monde physique, permet de nouvelles modalités d’interaction. Une démarche user-friendly est alors revendiquée comme proposant des méthodes au plus près des expériences concrètes des usagers. Le design se développe aussi dans les années 90 comme porteur d’innovation sociale et une acception élargie  de son champ d’action fait surgir une « pensée design » au travers de méthodes de créativité associant des designers de différents métiers, des usagers, des personnels d’entreprises et collectivités. La littérature abondante sur le sujet montre qu’il existe de nombreux modèles à adapter et repenser selon le contexte  et les finalités des projets envisagés, d’une simple forme d’initiation à la démarche design, jusqu’à la mise en œuvre de processus itératifs de co-design en amont et pendant le développement d’un projet mené jusqu’à sa réalisation. Il faudrait aussi souligner les liens avec de nouveaux courants en théorie des usages dans les sciences humaines et sociales, qui questionnent la place attribuée à l’usager et/ou consommateur dans les projets de design. Dans ce contexte  des approches dites living lab se développent depuis quelques années comme démarches d’innovation ouverte centrées sur l’usager. Ce rapide tour d’horizon sur la représentation de celui-ci dans l’univers du design ne doit pas être compris comme succession de ruptures, une démarche en remplaçant une autre. Diverses approches coexistent et les débats éthiques des années 50 peuvent toujours alimenter les questions actuelles puisqu’il s’agit toujours de la représentation de l’humain.

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