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16_12_15_christian

Design et recherche

Je viens de participer comme « speaker » au colloque organisé par IASDR –

« International Association of Societies of Design Research » 2009* – un colloque de recherche faisant le point sur les travaux de nombreux chercheurs et universités internationaux. Il faut féliciter les organisateurs d’avoir réuni à Séoul autant de personnalités. Les débats furent passionnants et la production de connaissance a été remarquable.

Mais cette profusion sur ce que les uns et les autres appellent « recherche » et « design » en tentant de les associer, m’a laissé perplexe.

Il faut nous méfier de ne pas tomber dans le piège que se sont eux-mêmes tendues les écoles de business à appeler, par exemple, « recherche en marketing » des études quanti/qualitatives qui se résument souvent à des tableaux statistiques et des interprétations qui, en tant que recherche, n’ont pas la rigueur de celles réalisées en sociologie.

Pourquoi appeler « recherche en marketing », ce que doit être la pratique « marketing » ?

Pourquoi appeler recherche en design toute réflexion sur la création et l’innovation ?

Profiter de l’émergence du design et de son manque de visibilité dans le domaine de la recherche pour mener des études qui relèvent de la sociologie, de la psychologie, des sciences de l’éducation…ou bien des sciences exactes et parler de recherche en design, ne me paraît aller dans la voie d’une démarche pertinente pour signifier le design comme discipline de recherche.

Parler de recherche en design lorsqu’il s’agit de pratique professionnelle de projet ne me semble pas non plus pertinent.

La question est de savoir si le design, en tant que pratique, peut se définir comme discipline scientifique. Les critères restent à construire et cela n’aide pas la recherche en design d’appeler recherche, soit ce qui appartient à d’autres disciplines, soit ce qui est avant tout de l’innovation, une conception de nouveau produit élaboré selon les démarches méthodologiques inhérentes à la profession.

Il convient d’être prudent à ne pas brouiller le message d’une discipline – le design – qui est encore à chercher une définition et doit au sein de l’académie faire les preuves de sa légitimité. Faire de la « sous sociologie », ou de la « sous psychologie » pour essayer de codifier des « émotions design » ne me paraît pas sérieux, ni à la hauteur de l’enjeu.

Il s’agit de circonscrire la recherche en un domaine spécifique à nul autre pareil, basé sur un langage de représentation et d’interface entre les connaissances dans tous les domaines des sciences humaines et des sciences exactes et les problématiques socio-économiques qui s’imposent au monde dans lequel nous vivons. Le design est un langage, une interface qui relie les Hommes, les idées, les connaissances et les projettent en un demain meilleur. Il convient d’en faire une science mais de ne pas tout mélanger sous prétexte que le design est partout et qu’il est flatteur de réfléchir.

Encore une fois, bravo aux organisateurs de cette conférence qui nous ont aidé à mieux nous interroger sur la recherche dans le domaine du design.

*www.iasdr2009.org

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